L'attaque allemande
Les armées allemandes s'organisèrent et, le 4 septembre, les bombes commencèrent à tomber sur Leningrad. Le 8, la ville était presque entièrement encerclée. Aucun camion ne pouvant atteindre la ville, les ravitaillements durent se faire par la voie des airs et par le lac Ladoga. Mais le 9 novembre, la "chaussée" Moscou-Leningrad, nom donné au pont aérien qui reliait les deux cités, fut stoppée par les Allemands à Tikhvin. Il était impératif pour les Soviétiques de trouver un moyen de ravitailler Leningra. Aussi, le 6 décembre, de nouvelles routes de ravitaillement passant par Zaborie, Novaya Ladoga et par le lac Ladoga (alors gelé) entrèrent en service.
Après des mois de préparation, les Soviétiques lancèrent une contre-offensive en février 1942. Elle fut arrêtée par la Wehrmacht. Hitler envoya von Kleist en Crimée avec sont État-major et 5 divisions blindées, croyant que le reste de ses forces à Leningrad suffiraient amplement à conquérir la ville. À ce moment de la bataille, les Russes manquaient de tout : munitions, armes, vivres et matériel en tout genre. La famine fit son apparition chez les civils comme chez les soldats soviétiques, forçant les autorités à produire des ersatz.
L'enlisement
L'opération Nordlicht (Aurore Boréale), supervisée par Hitler en personne, avait pour but d'enfoncer les défenses soviétiques de Leningrad. Mais celle-ci fut annulée car l'armée de Mannerheim ne put atteindre la ville à temps, retenue plus au nord. En août et en septembre 1942, l'armée du Volkhov tenta d'effectuer une jonction avec la LIIe armée, mais toutes ses tentatives échouèrent. La contre-attaque soviétique de janvier 1943 échoua également. Hitler changea plusieurs fois le commandement de ses forces à Leningrad (voir ci-dessus), beaucoup de ses généraux condamnaient cela mais n'intervinrent pas. Plusieurs officiers haut gradés furent également rappelés en Allemagne dans les mois qui suivirent.
La contre-attaque
Le siège s'éternisait et Leningrad devenait une ville fantôme. À la fin de 1943, les Russes reçurent d'importantes quantités d'armes provenant des nouvelles usines de l'ouest de l'Oural ainsi que des T-34 qui leur permirent de lutter contre les Panzer III et IV allemands. Ils reçurent également des camions surmontés de lance-roquettes, appelés "Orgues de Staline" par les Allemands et "Katyusha" par les Russes. Avec ce nouveau matériel, une offensive était maintenant envisageable pour les Soviétiques. Le 17 janvier 1944, quatre armées russes réparties entre le lac Llmen et le lac Ladoga (soit un front de 18 km) attaquèrent les positions allemandes. La résistance fut vive mais les généraux Meretskov (commandant de l'armée du Volkhov) et Govorov (commandant de l'armée de Leningrad) effectuèrent leur jonction le 25 janvier.
Le siège prit définitivement fin le 27 janvier 1944. En mars, les troupes allemandes étaient à 250 km de Leningrad. Ce blocus, qui fut le plus long de la guerre avec ses 31 mois (plus de 900 jours), coûta aux Soviétiques 1 800 000 hommes (dont plus d'un million de civils). Quant aux forces de l'Axe, elles déploraient la perte de 200 000 de leur soldats.
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