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Koursk, le deuxième échec allemand

URSS

La bataille de Koursk, « opération Citadelle » (Zitadel en allemand), a été une bataille décisive de la Seconde Guerre mondiale. Elle reste la plus grande bataille de blindés de toutes les guerres, et a connu le jour avec le plus grand nombre de pertes pour l'aviation de l'histoire. Bien qu'à l'origine prévue comme une offensive allemande, la défense soviétique et le succès de la contre offensive qui suivit l'ont transformée en une victoire du camp adverse. La bataille a joué un rôle majeur dans la propagande soviétique, qui a fortement exagéré l'issue du conflit.

Situation

L'armée allemande s'appuie sur des forces blindées afin de percer les lignes russes à la vitesse de l'éclair, technique connue sous le nom de la Blitzkrieg. Elle n'est donc capable d'assurer l'offensive que pendant l'été, lorsque la chaleur continentale a suffisamment asséché les terres pour permettre aux chars d'assaut de rouler à pleine vitesse. Le front de l'Est a donc évolué en une série d'avances allemandes durant l'été, suivies par des contre-attaques russes durant l'hiver.

Carte de l'opération Citadelle

Carte de l'opération Citadelle

Pendant l'hiver 1942, les Soviétiques ont remportés la bataille de Stalingrad, capturant la VIe arme allemande (300 000 hommes) du maréchal von Paulus, ce qui affaiblit sérieusement les forces allemandes à l'Est. Avec les sérieuses menaces d'invasion de l'Europe de l'Ouest, Hitler réalise qu'une défaite des forces soviétiques avant que les Alliés de l'ouest ne portent le front en Europe serait impossible et décide de forcer l'URSS à une paix séparée.

Colonne de char T34 avec avions Sturmovik en arrière plan

Colonne de char T34 avec avions Sturmovik en arrière plan

En 1918, les Allemands ont construit la ligne Hindenburg sur le front de l'Ouest, raccourcissant leur ligne de front et augmentant ainsi leur puissance défensive. Ils prévoient de répéter cette stratégie en Russie et commencent la construction d'une série d'ouvrages défensifs connu en tant que ligne Panther-Wotan. À la fin 1943, ils se retrancheront derrière cette ligne et épuiseront les forces soviétiques tout en se rétablissant.

En février et mars 1943, Erich von Manstein a achevé une brillante offensive durant la deuxième bataille de Kharkov, laissant la ligne de front de Leningrad au nord à Rostov au sud. Au centre se trouve un profond saillant de 200 kilomètres de largeur et de 150 kilomètres de profondeur entre la position avancée allemande d'Orel au nord et la capture récente de Manstein : Kharkov, au sud.

Soldats soviétiques équipés de PPSh-41

Soldats soviétiques équipés de PPSh-41

Plans allemand

Manstein insista pour une nouvelle offensive basée sur les même principes à succès qu'il venait de suivre à Kharkov, quand il avait encerclé l'offensive soviétique trop avancée. Il suggéra de bluffer les Soviétiques, d'attaquer au sud contre la VIe armée qui se reformait désespérément, pour les mener dans le bassin du Donetz dans l'est de l'Ukraine. Il tournerait alors au sud depuis Kharkov sur le bord est de la rivière Donetz vers Rostov pour piéger la totalité de l'aile sud de l'armée rouge contre la mer d'Azov.

Orgues de Staline prêts à faire feu

Orgues de Staline prêts à faire feu

L'OKW (le quartier général allemand) n'approuva pas ce plan, et au contraire tourna son attention sur la bosse évidente dans les lignes entre Orel et Kharkov. Il y avait trois armées allemandes complètes dans et autour du saillant. Le fermer dans une tenaille permettrait de capturer presque un cinquième des ressources humaines de l'Armée Rouge. Il en résulterait aussi une ligne de front beaucoup plus droite et courte. Enfin, la ville de Koursk, hautement stratégique pour son noeud ferroviaire situé sur la principale ligne nord-sud allant de Rostov à Moscou, serait capturée.

En mars les plans étaient décidés. La IXe armée de Walther Model attaquerait au sud depuis Orel pendant que la IVe armée panzer de Hoth et le détachement de Kempf sous le commandement global de von Manstein attaquerait du nord depuis Kharkov. Ils devaient se rencontrer près de Koursk, mais si l'offensive allait bien ils étaient autorisés à continuer suivant leur propre initiative, avec pour objectif général de créer une nouvelle ligne sur la rivière du Don, loin vers l'est.

Char Tigre à Koursk

Char Tigre à Koursk

A l'inverse des efforts récents, Hitler donna au quartier général un contrôle considérable sur la planification de la bataille. Pendant les quelques semaines suivantes il continua d'augmenter l'ampleur des forces attachées au front, retirant à la totalité des lignes allemandes tout ce qui pouvait être utile à la confrontation prochaine. Le déclenchement fut d'abord prévu pour le 4 mai, puis retardé jusqu'au 12 juin, et finalement lancé le 4 juillet pour donner plus de temps pour la livraison de nouvelles armes depuis l'Allemagne, en particulier les nouveaux chars Panther.

Bombardements russes à Koursk

Bombardements russes à Koursk

Il convient de mettre en parallèle ce plan avec la traditionnelle, et réussie, tactique de la Blitzkrieg utilisée jusqu'à ce point. La Blitzkrieg nécessitait le groupement de toutes les troupes disponibles sur un seul endroit de la ligne ennemie pour la percer, et ensuite avancer aussi rapidement que possible pour isoler les forces du front du ravitaillement et de l'information. Les combats directs devaient être évités à tout prix, car il n'y a aucun avantage à attaquer un point fortifié si le même résultat peut être obtenu plutôt en attaquant les camions de l'intendance. La meilleure place pour la Blitzkrieg était celle la moins attendue, c'est pourquoi la Wehrmacht avait attaqué au travers des Ardennes en 1940 et vers Stalingrad en 1942.

Tankiste soviétique à Koursk

Tankiste soviétique à Koursk

Or, l'Opération Zitadel de l'OKW était l'antithèse de ce concept. Le point d'attaque était grandement prévisible pour toute personne disposant d'une carte, et reflétait une pensée issue de la Première Guerre mondiale plus que celle de la Blitzkrieg. Plusieurs commandants allemands soulevèrent la question, notamment Heinz Guderian qui demanda à Hitler « Est il nécessaire d'attaquer Koursk, et par principe dans l'Est cette année ? Pensez vous seulement que quelqu'un sait où est Koursk ? ». Étonnamment, Hitler répondit « Je sais. Cette pensée me retourne l'estomac ».

Finalement, il peut être affirmé que c'était un plan sans inspiration.

Char T-34 en flammes

Char T-34 en flammes

Plans soviétiques

L'Armée Rouge avait aussi planifié ses propres offensives estivales, et avait choisi un plan qui était le miroir de celui des Allemands. Les attaques frontales d'Orel et de Kharkov devaient écraser la ligne de front, et potentiellement conduire à une percée près des marais Pripyat. Cependant il y avait une inquiétude considérable à propos des plans allemands.

Toutes les attaques allemandes précédentes avaient laissé les Soviétiques deviner d'où elle pourraient venir, et dans ce cas Koursk semblait trop évident pour que les Allemands l'attaquent. Cependant ils étaient informés des plans allemands par un réseau d'espions en Suisse.

Officiers russes admirant un Elefant capturé

Officiers russes admirant un Elefant capturé

Staline et une poignée d'officiers de la Stavka (quartier général soviétique) voulaient frapper les premiers. Ils pensaient que l'histoire démontrait qu'ils ne pouvaient s'opposer aux offensives allemandes, tandis que l'action pendant l'hiver était désormais efficace. Cependant le conseil presque unanime de la Stavka, en particulier Gheorghi Joukov, était d'attendre d'abord que les Allemands s'épuisent eux-mêmes dans leur attaque. Son opinion emporta la discussion.

Panzer IV à Koursk

Panzer IV à Koursk

Le délai allemand pour lancer leur offensive donna aux Soviétiques quatre mois pour se préparer, et tous les jours ils faisaient du saillant l'un des endroits les mieux renforcés au monde. L'Armée Rouge disposa plus de 400 000 mines et cresa environ 5 000 kilomètres de tranchées, avec des positions parfois reculées de 175 kilomètres. De plus, ils massèrent une énorme armée, incluant 1 300 000 hommes, 3 600 tanks, 20 000 pièces d'artillerie et 2 400 avions. Ils étaient inquiets quant à la quantité de ces renfort, car dans le passé, les Allemands avaient dépassés leurs lignes avec une aisance déconcertante.

Les Allemands étaient bien averti des défenses soviétiques. Ils ne changèrent cependant pas d'objectifs et les raisons de leur obstination demeurent un mystère.

Stuka JU 87G équipé de canons de 37 mm

Stuka JU 87G équipé de canons de 37 mm

Opération Citadelle

Les Allemands mettaient en ligne 200 de leur nouveau char Panther, 90 Elefant (chasseur de chars), tous leurs Henschel Hs 129 (avion d'attaque au sol), les Tigre I et le modèle le plus récent de Panzer IV. Au total, ils avaient rassemblé 2 700 chars et canons d'assaut, 10 000 canons, 1 800 avions et 900 000 hommes. C'était la plus grande concentration de puissance militaire allemande jamais réalisée. Hitler exprima, tout de même, des doutes sur sa rationalité.

Canon anti-char soviétique de 45 mm

Canon anti-char soviétique de 45 mm

Les préliminaires aux combats commencèrent dans l'après-midi du 5 juillet avec des Stukas qui bombardèrent un espace de 3 km entre les lignes au nord pendant une courte période de 10 minutes, pendant que l'artillerie commença un barrage. Le fer de lance blindé de Hoth, le IIIe corps Panzer, avança vers les positions soviétiques autour de Savidovka. En même temps le Régiment de panzergrenadiers Großdeutschland attaqua Butovo sous une pluie torrentielle, et les hauteurs autour de Butovo étaient prisent par la XIe division Panzer. À l'ouest de Butovo, le régiment Großdeutschland et la IIIe division Panzer, qui rencontra une forte résistance soviétique, ne sécurisèrent pas leurs objectifs avant minuit.

Officier allemand, blessé et capturé, sous interrogatoire (il est menacé par une PPSh-41

La ville de Stalingrad en ruines

Dans le sud, la IIe SS Panzer Korps lançait ses attaques préliminaires pour sécuriser les postes d'observation, et rencontra également une résistance déterminée jusqu'à ce que les troupes d'assaut équipées avec des lance-flammes nettoient les bunkers et les avant postes. À 22h30 les Soviétiques répliquèrent par un bombardement d'artillerie qui, aidé par la pluie torrentielle, ralentit l'avance allemande. À ce moment Joukov avait été informé du début de l'offensive par des prisonniers allemands et décida de lancer un bombardement préventif sur les positions allemandes.

La vraie bataille débuta le lendemain. Les Soviétiques, maintenant avertis de l'heure précise de l'offensive, commencèrent un barrage d'artillerie massif dix minutes avant. Cela fut bientôt suivit par une attaque massive par la VVS sur les bases de la Luftwaffe dans la zone, afin d'éliminer le support aérien local dans la première heure de la bataille. Les quelques heures suivantes furent probablement le plus grand combat aérien de l'Histoire. La Luftwaffe se défendit avec succès et perdit très peu de son pouvoir de combat, mais à partir de ce moment sa maîtrise du ciel était fortement contestée.

Char T-34 soviétique

Officier allemand, blessé et capturé, sous interrogatoire (il est menacé par une PPSh-41

La IXe armée Panzer dans le nord se trouva presque incapable de bouger. Dans les premières minutes de l'offensive, elle se trouva prise dans un grand champ de mine défensif et eut besoin du soutien de sapeurs et de se dégager sous le feu de l'artillerie. L'armée de Model avait moins de chars que Manstein dans le sud. Il utilisa aussi une tactique différente, utilisant seulement certaines unités alternativement pour les garder en réserve. Habituellement, les Allemands attaquaient avec toutes les unités disponibles pour maximiser leur effet. Ils pouvaient le faire grâce à l'entraînement supérieur des sous officiers et des soldats. Cependant, Model n'utilisa pas cette tactique pour des raisons inconnues.

Soldats et partisans russes attendant d'aller au combat

Soldats et partisans russes attendant d'aller au combat

Après une semaine les Allemands avaient progressé de seulement 10 km dans les lignes, et le 12 juillet, les Soviétiques lancèrent leur aile nord contre la IIe armée à Orel. La IXe dut être retirée et sa part dans l'offensive était terminée. Le rapport entre leurs pertes et celles de l'Armée Rouge était de 3 pour 5. Ceci était cependant bien pire qu'habituellement, et très loin de ce qui était nécessaire pour équilibrer avec le flux des nouveaux soldats et matériels pour l'Armée Rouge.

Dans le sud les choses allèrent un peu mieux pour les Allemands. Les blindés ouvrirent une brèche, et le 6 juillet, ils étaient environ 30 km derrière les lignes dans la petite ville de Prokhozovka. Sans l'atout de la surprise et contre un ennemi retranché et supérieur en nombre, ce résultat était presque un succès.

Soldats allemands manipulant un Granatwerfer 34

Soldats allemands manipulant un Granatwerfer 34

L'Armée Rouge fut forcée de déployer en défense les troupes initialement planifiées pour n'être utilisées que dans la contre offensive. Cependant, le flanc allemand n'était pas protégé, car les divisions de Kempf était immobilisées par la VIIe armée de gardes et par la pluie forte (après avoir traversé la rivière Donets). La Ve armée de chars de la garde était située à l'est de Prokhozovka et préparait sa contre attaque quand le IIe SS Panzer Korps arriva et un combat intense se déclencha. Les Soviétiques parvinrent à arrêter les SS, mais de justesse. Il y avait désormais peu de chars pour arrêter la IVe armée panzer, et il apparaissait qu'une percée allemande était désormais bien possible. Les Soviétiques décidèrent de déployer le 5e corps de gardes.

Obusier de 152 mm soviétique en opération

Obusier de 152 mm soviétique en opération

Prokhozovka

Le 12 juillet la Luftwaffe et l'artillerie bombardèrent les positions soviétiques pendant que les divisions SS se groupaient. Traditionnellement cette bataille a été décrite comme cela : l'avance allemande commença et ils étaient étonnés de voir les masses de blindés soviétiques avancer vers eux. Ce qui suivit constitue le plus grand engagement de blindés de l'Histoire, avec plus de 1 500 chars en contact proche. Les forces aériennes des deux pays volèrent au-dessus, mais ils étaient incapable de voir à travers la poussière et la fumée qui sortait des chars détruits. Au sol les commandants étaient dans l'impossibilité de garder trace des développements et la bataille dégénéra rapidement en un immense nombre de combats de petits groupes, souvent à faible distance. Les combats durèrent toute la journée, et par le soir les derniers tirs étaient échangés alors que les deux côtés se désengagèrent. Les pertes allemandes montèrent à plus de 300 chars et que les Soviétiques en perdirent un nombre similaire.

Au second plan, on voit un soldat allemand avec un Flammenwerfer 41

Au second plan, on voit un soldat allemand avec un Flammenwerfer 41

Cependant, la description de la bataille de Prokhozovka fut démontrée comme étant une invention de la propagande soviétique. Elle a été décrite notamment sur de grandes fresques. Ce fut une victoire soviétique seulement dans un sens, l'attaque allemande ayant été stoppée. La plupart des tanks soviétiques furent détruits par des tirs de longue portée, et relativement peu furent impliqués dans des échanges de tirs à courte distance. Les pertes allemandes étaient relativement légère et durant presque toute la journée combattirent en bon ordre.

Fantassins soviétiques progressant derrière un blindé

Fantassins soviétiques progressant derrière un blindé

Les pertes soviétiques étaient de 322 chars, parmi lesquels plus de la moitié à l'état d'épave, plus de mille morts et 2 500 disparus ou blessés en sus. Les pertes allemandes étaient inférieure de 20 % à cela. Les Allemands avaient cependant planifié d'être à l'offensive et ils ne purent l'appliquer.

Continuer ou pas ?

L'issue de la bataille globale (de Koursk) était encore incertaine. Les forces allemandes dans l'aile la plus au sud étaient épuisées et sévèrement réduites, mais en même temps faisaient face à des défenses également faibles et étaient en excellente position, dégagées d'ouvrages défensifs et sans opposition entre eux et Koursk. Des forces de renfort étaient prêtes pour ce moment, peut-être la bataille pouvait encore être gagnée.

Fantassins soviétiques passant derrières des chars allemands détruits (l'homme à gauche transporte un PTRD-41)

Fantassins soviétiques passant derrières des chars allemands détruits (l'homme à gauche transporte un PTRD-41)

L'arrêt de l'offensive allemande

Le 11 juillet, alors que se déroulait le débarquement des forces anglo-américaine en Sicile dans l'Opération Husky, Hitler appela von Kluge et Manstein dans son bureau de commandement en Pologne et déclara qu'il faisait cesser l'offensive. Manstein était furieux, et répondit qu'avec un dernier effort, la bataille pouvait être emportée. Hitler n'accepta rien, particulièrement alors que les Soviétiques avaient lancés leur contre offensive dans le nord.

Chars russes montant au front

Chars russes montant au front

Quelques unités allemandes furent immédiatement envoyées en Italie, et seules des attaques réduites continuèrent dans le sud, pour se débarrasser des forces soviétiques coincées entres les deux armées allemandes.

Infanterie Soviétique à l'assaut

Infanterie Soviétique à l'assaut

Contre-offensive soviétique

Bien qu'ignorant le changement des plans de Hitler, les Soviétiques percevaient bien l'arrêt des attaques près de Koursk. Les Soviétiques mirent alors leurs plans pré-Zitadel en action. Le 15 juillet les attaques sur Orel furent lancées avec le déclenchement du front central soviétique. Les Allemands reculèrent sur la ligne Hagen partiellement préparée à la base du saillant. Les forces allemandes furent envoyées du sud vers le nord pour aider à couvrir la retraite. Bien que les Allemands qui reculaient infligèrent des pertes sévères à l'Armée Rouge, c'était la première fois qu'il y avait une avance soviétique pendant l'été, augmentant radicalement le moral des Russes.

Dans le sud, les Soviétiques avaient besoin de plus de temps pour se regrouper après la tabassée sévère qu'ils avaient reçu en juillet et ne purent lancer leur contre attaque avant le 3 août. Aidés par les attaques de diversion plus au sud ils furent capable de prendre Belgorod difficilement conquise par von Manstein. La capture de Belgorod et d'Orel fut célébrée à Moscou par des feux d'artifices, une pratique qui devint à partir de ce moment une institution avec chaque ville reprise. Ils atteignirent Kharkov le 11, une ville qu'Hitler disait qu'il défendrait à tout prix. Les unités allemandes étaient alors très fatiguées, s'étant battues chaque jour pendant plusieurs semaines. Leur capacité en homme avait été réduite et ils manquaient d'équipement. Le 20, toutes les forces allemandes dans la région durent se retirer.

Fin de la bataille

Par le 22, les deux forces étaient totalement épuisées et les combats se terminèrent (officiellement). La bataille n'était pas une victoire nette pour les Soviétiques qui avaient souffert de beaucoup plus de pertes que les Allemands. Cependant ces derniers pour la première fois avaient perdus des territoires substantiels pendant l'été et n'avaient pas été capables d'atteindre leurs objectifs. Un nouveau front s'était ouvert en Italie, dispersant leur attention. Les deux belligérants eurent des pertes, mais seuls les Soviétiques avaient les réserves en hommes et en production industrielles pour récupérer complètement, sans parler de l'aide très substantielle qu'ils obtenaient du Prêt bail des États-Unis d'Amérique, incluant les très efficaces Jeeps et camions. Les Allemands ne reprirent jamais l'initiative après Koursk.

Les pertes sont énormes. Du coté soviétique, on dénombre plus de 250 000 tués et 600 000 blessés. Les Allemands perdirent 500 000 hommes (tués et blessés) et 980 chars. L'Armée Rouge avait également perdu beaucoup de blindés, mais put s'en remettre contrairement à l'armée allemande.

Hitler s'impliquera plus dans les détails des opérations suivantes, à l'inverse de Staline, ce qui se révèlera une erreur.

Sources : François de Lannoy, La Ruée de l'Armée Rouge, Heimdal, Octobre 2002 et http://fr.wikipedia.org/
Carte : Catherine et Jacques Legrand dir. Chronique de la Seconde Guerre mondiale. Éditions Chronique, novembre 2002