L'attentat de Rastenburg
Allemagne
Le Führer est blessé, mais pas tué
C'est dans la salle des cartes de la Tanière du loup, camp retranché au fin fond d'une forêt de Prusse-Orientale, que Hitler a échappé à un grave attentat. Le Führer écoutait le rapport pessimiste du général Heusinger, relatant la situation sur le front russe, loupe en main, quand une violente déflagration dévasta la salle.
A quelques centaines de mètres de là, le colonel Claus Von Stauffenberg jeta un coup d'oeil à sa montre. Il était exactement 12h42. Le colonel, qui se trouvait avec le Führer quelques minutes auparavant, pensait pouvoir se féliciter d'une mission bien remplie. La mort du dictateur paraissait certaine.
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Hitler et Mussolini constatent les dégâts dans la chambre des cartes
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Von Stauffenberg, 37 ans, avait mis à exécution un projet concocté de longue date par des généraux allemands déterminés à éliminer Hitler et à sauver l'honneur de l'Allemagne. Von Stauffenberg réussit à franchir les postes de contrôle et à rejoindre l'avion qui l'attendait. A 13h15 il décollait pour Berlin, où l'attendaient ses complices. Après 3 heures de vol, Von Stauffenberg se rendait immédiatement au ministère de la Guerre, qu'il s'attendait à trouver en pleine effervescence. Tel n'était pas le cas. Comme prévu, les comploteurs avaient bien reçu le coup de téléphone attendu d'un complice à Rastenburg, mais la communication étant mauvaise, les nouvelles étaient confuses. Il n'était pas bien certains que Hitler fut bien mort.
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Hitler constate les dégâts
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Bientôt, les comploteurs devaient déchanter : Hitler était blessé mais bien vivant. La serviette que Von Stauffenberg avait déposée sous la table, qui contenait la bombe, avait été malencontreusement déplacée par l'un des officiers présents. Le bilan s'élevait à quatre morts. Quant aux soupçons, ils portèrent sur Von Stauffenberg, qu'un sergent avait vu glisser la serviette sous la table. Il fallut quelques heures à Hitler pour se rendre compte de l'étendue du complot. Les deux tympans percés, le bras droit temporairement paralysé et les jambes brûlées, Hitler a reprit ses esprit et accueilli Mussolini, en visite à Rastenburg, lui aussi rescapé d'un récent coup d'État. Le Führer lui a montré le lieu de l'explosion, quatre heure à peine après l'attentat.
La composition du gouvernement fantôme
Les conspirateurs s'apprêtaient à remplacer le Führer à la tête du gouvernement par le général Ludwig Beck, ancien chef d'état-major des armées, qui avait démissionné en 1938 pour protester contre les projets de Hitler. Carl Goerdeler, ex-maire de Leipzig, devait prendre le post de chancelier, avec Wilhelm Leuschner, ex-dirigeant des syndicats, comme vice-chancelier.
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Le colonel Claus von Stauffenberg
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A Rommel devait échoir le poste de commandant en chef des armées, et à Ulrich Von Hassel, ambassadeur à Rome avant la guerre, celui de ministre des Affaires étrangères. Des douze ministres choisis, seuls deux, Beck et Rommel, étaient militaires de carrières.
Von Stauffenberg, l'auteur de l'attentat
L'auteur de l'attentant n'était pas, au départ, opposé au régime nazi. Entré dans les premiers à l'Académie de la guerre de Berlin en 1936, Claus Von Stauffenberg avait été promu officier d'état-major deux ans plus tard.Il devait s'interroger sur la politique menée par le Führer dès les premiers pogroms et son opposition ne fit que croître à la vue des atrocités commises par les SS en Russie. Grièvement blessé en Tunisie, où il perdit l'oeil gauche et la main droite, Stauffenberg avait déclaré à sa femme : "Je sens maintenant que je dois faire quelque chose pour l'Allemagne. Nous autres, officiers, devons prendre nos responsabilités."
Source : Catherine et Jacques Legrand dir. Chronique de la Seconde Guerre mondiale. Éditions Chronique, novembre 2002
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Le général Ludwig Beck
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