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L'effet de surprise est perdu, la 302ème division d'infanterie allemande est en état d'alerte maximum. Mais ce qui est plus grave encore, c'est que l'État-Major de la force de débarquement l'ignore. Le reste de la flotte se présente face aux falaises de Dieppe. Dès lors 5 batailles vont se dérouler, indépendamment l'une de l'autre. Chacun va tenter d'y sauver sa peau. Pendant ce temps, Winston Churchill et Montgomery, qui avaient tant désiré ce raid, prennent le soleil en Afrique du Nord près d'El Alamein (ils mourront dans leur lit). Rendons justice à Montgomery qui, lors d'une conférence préparatoire du raid, avait émis tant de réserves qu'on lui donna le commandement de la VIIIe armée en Égypte. Lord Mountbatten suit les opérations de loin, lui qui ne s'était jamais dérangé pour visiter à l'entraînement les hommes qui allaient tenter de débarquer, il aura cependant rencontré les troupes avant leur départ pour Dieppe (Il mourra, bien des années plus tard, dans un attentat de l'IRA). |
Le bilanÀ la tombée de la nuit la flotte rejoint l'Angleterre, le bilan humain est désastreux. À terre, sur les 6 000 hommes engagés, les pertes sont de 3 627 hommes (morts, blessés ou prisonniers), la marine a perdu 550 hommes, l'aviation 153 hommes dont 113 tués, les rangers 13 hommes. Le total des tués, toutes armes confondues, serait de 1 255. Les pertes humaines pour les Canadiens sont terribles : 3 367 hommes sont morts, blessés ou prisonniers (dont un millier de morts). Les Canadiens n'ont jamais subi et ne subiront jamais autant de pertes dans une division en une seule journée de toute la guerre en Europe. Ils ne sont cependant qu'une partie des 45 000 Canadiens tués au combat au cours du conflit. Les commandos ont perdu 247 hommes. Les Canadiens ont laissé entre les mains de l'ennemi 1 306 prisonniers. |
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Pendant les 11 mois de toute la seconde campagne de France et de la campagne d'Allemagne de 1944 et 1945, ce total de prisonniers ne sera jamais atteint. Les habitants de Dieppe pleurent 40 morts et 40 blessés graves dans une ville en flammes. Les pompiers dieppois, pris sous le feu des belligérants, ne pouvant agir partout. Dès leur arrivée en Angleterre toutes les ambulances de la région attendent les blessés, au nombre de 600 à 700, qui sont immédiatement dirigés vers les hôpitaux. Les chirurgiens vont opérer pendant 48 heures sans discontinuer. |
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2 000 hommes au total sont faits prisonniers. Parmi eux : le général Southam, les lieutenants-colonels Merritt, Labatt, Jasperson et Catto. Après un interrogatoire et une vaine tentative de diviser les Canadiens anglophones des Canadiens francophones, tous prennent le chemin des camps de prisonniers, l'oflag VII B à Eichstatt et le stalag VIII B de Lansdorf. Une malencontreuse directive récupérée à Dieppe va entraîner des représailles sur ces prisonniers. Cette directive prescrit en effet de lier les mains des prisonniers canadiens qui seraient faits à Dieppe. |
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Les Allemands vont y prendre prétexte pour attacher les mains des 300 officiers canadiens et britanniques capturés. Cette mesure va persister plusieurs mois, mais devant le nombre d'Allemands capturés ensuite par les Alliés, cette mesure sera rapportée. Les blessés prisonniers sont emmenés à l'hôtel Dieu de Dieppe et à l'hôtel Dieu de Rouen où les religieuses, faisant preuve d'un dévouement exemplaire, vont s'occuper d'eux. Ils seront ensuite envoyés en Allemagne à leur tour. |
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La majorité d'entre eux sera libérée en avril 1945 par l'armée américaine après avoir échappé de peu à un bombardement massif de leur camp. Des C-47 Dakota les ramèneront en Angleterre, puis au Canada. Les Allemands vont faire regrouper les morts (par des civils dieppois) au cimetière municipal de Dieppe. Plus tard, ils seront envoyés au Canadian War Cemetary des Vertus (commune d'Hautot sur Mer), où ils reposent toujours. Ils sont 787 à reposer à Dieppe (au côté de 172 tués dans les combats de 1940 et 1944). 2 Français, 1 Australien, 3 Polonais, 4 Néo-Zélandais sont enterrés avec eux. |
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D'autres se trouvent au cimetière de Brookwood en Angleterre, d'autres encore reposent dans les cimetières de villages du littoral de la Manche (des corps ayant été rejetés par la mer jusqu'en Hollande). Quelques uns ont été repris par leur famille. Beaucoup n'ont jamais été retrouvés. Les pertes en matériel sont très élevées. Tous les chars sont détruits. 98 avions ont été abattus mais 30 pilotes ont été recueillis. Le destroyer Berkeley a été coulé, 30 péniches de débarquement ont connu le même sort, un matériel important a été abandonné sur les plages (antichar, armes légères, landing-crafts, ...). |
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Les Allemands auraient perdu environ 600 tués et blessés, les chiffres réels n'ont jamais été publiés. Les Alliés ont abattu 48 avions allemands. Une batterie lourde, un dépôt de munitions, une batterie de DCA ont été détruits. 37 soldats allemands ont été ramenés en Angleterre. 100 avions ont été détruits à Abbeville par le raid de bombardiers. |
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Pour récompenser l'attitude prétendument amicale des Dieppois envers les troupes allemandes, 1 800 prisonniers de guerre de Dieppe et de la région sont libérés de leurs stalags. Ceux de Varengeville et Berneval où le raid a eu des résultats positifs en sont exclus. Si les listes établies prévoient 1 800 libérations, il semble qu'en réalité ils ne seront que 1581 à arriver à Dieppe. C'est pourtant la seule conséquence heureuse de ce raid. Du débarquement de Dieppe, Eisenhower dira : "Sans Dieppe, nous n'aurions pas eu la plupart du matériel spécial et les connaissances nécessaires au bon déroulement de l'invasion". Auteur : Jean Delamare : http://www.ifrance.com/objectifDieppe/ |
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