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Guadalcanal

Océan Pacifique

Les Japonais voulaient établir une base aérienne à Guadalcanal, ce qui leur aurait permit de bombarder l'Australie et de dominer le ciel du sud-ouest du Pacifique. Pour éviter cela, l'état-major américain décida d'envahir l'île. Lors de la bataille de Guadalcanal, les vice-amiraux Robert Ghormley et William Halsey se succédèrent au commandement des forces américaines dans le Pacifique.

Celles-ci se composaient d'une Task Force (commandée par le contre-amiral Fletcher) de trois porte-avions (Enterprise, Saratoga et Wasp), de la flotte amphibie du Pacifique-Sud du contre-amiral Turner et de la 1ère division de US Marines du général Alexander Vandergrift, soit au total une force de 17 000 hommes (plus tard renforcée pour atteindre 60 000 hommes).

Les Japonais disposaient des troupes de Rabaul (archipel Bismarck) commandées par l'amiral Shigeyoshe Inouye, des forces de l'amiral Raizo Tanaka, soit la flotte de destroyers japonais spécialisés dans les opérations nocturnes. Il y avait 3galement la 8e flotte japonaise du vice-amiral Gunihi Mikawa et de la XVIIe armée japonaise du général Haruyoshi Hyukatake), pour un total de 34 000 hommes.

Avance alliée à Guadalcanal du 10 janvier au 9 février 1943

Avance alliée à Guadalcanal du 10 janvier au 9 février 1943

L'amiral King (chef des opérations navales américaines et commandant en chef de la Navy) hésitait entre les plans de l'amiral Nimitz (commandant en chef de la flotte du Pacifique) et du général MacArthur (commandant en chef allié du sud-ouest Pacifique). Nimitz proposait des offensives navales à Truk, là ou s'était réfugiée la marine japonaise, tandis que MacArthur voulait effectuer des offensives amphibies sur la base japonaise de Rabaul (qui commandait toute l'Asie du sud-est), située dans l'archipel Bismarck. Le 5 juillet 1942, un contingent japonais de 1 500 hommes fut repéré par des appareils de reconnaissances américains à Tulagi (île Florida). Le même jour, ils repérèrent 2 200 japonais qui construisaient un aérodrome sur l'île de Guadalcanal (situé à l'est des îles Salomon). Il fut décidé d'attaquer cet île.

Batterie américaine

Batterie américaine

Le 7 août, la Task Force, la force amphibie du sud-ouest (contre-amiral Turner) et la 1ère division de Marines de Vandergrift attaquèrent Guadalcanal et réussirent à y prendre position. Les Américains s'emparèrent de l'aérodrome de Lunga Point (sur l'île) et le rebaptisèrent Henderson Field (en honneur d'un officier des Marines mort au combat). Un périmètre de défense fut établie tout autour. De violent combat eurent lieu à Tulagi, mais les 6 000 Marines qui s'y trouvaient virent à bout de la garnison japonaise le soir du 8 août. Pour ne pas perdre la face, l'amiral Inouye envoya un raid aérien vers l'île, mais il fut repoussé. Quant à lui, l'amiral Tanaka envoya en renfort sept croiseurs et un destroyer, profitant d'une manoeuvre de Fletcher qui amenait ses porte-avions à l'est de Guadalcanal.

Soldats américains

Soldats américains

Après une défaite au large de l'île Savo (ou les Américains perdirent quatre croiseurs lourds), Turner dut faire rebrousser chemin à ses forces de transport. Le 20 août, la "piste Henderson" était achevée, les Américains disposaient donc d'un terrain d'aviation dans le secteur, ce qu'ils n'avaient pas avant, rééquilibrant ainsi les forces dans le ciel du Pacifique. Le 24 août, l'amiral Kondo envoya 8 navires de lignes, 3 porte-avions, des croiseurs et des destroyers pour attaquer la Task Force américaine. Lors des combats, les Japonais perdirent le porte-avions léger Ryujo. Il durent battre en retraite sans avoir pu bombarder l'aérodrome nit débarquer des renforts sur Tulagi et Guadalcanal. Cependant, l'Enterprise fut durement touché au cours des combats.

Débarquement américain

Débarquement américain

Le 12 septembre, le général Hyukatake envoya ses 6 000 hommes pour effectuer une offensive de nuit sur Bloody Ridge, la défense américaine était assurer par 11 000 hommes. L'attaque fut un échec et les Japonais perdirent 1 500 hommes contre seulement 40 pour les Américains. Lors d'offensives navales, le porte-avion Wasp et le destroyer O'Brien furent détruits. Le Saratoga et le cuirassé North Carolina furent gravement endommagés.

A la fin de septembre 1942, l'US Navy ne disposait plus que du porte-avions Hornet et du cuirassé Washington dans ce secteur, mais elle parvint tout de même à débarquer 4 200 hommes sur Guadalcanal. Durant la nuit du 11 au 12 octobre, 3 croiseurs et 2 destroyers de l'amiral Goto s'approchèrent de l'île, mais la Task Force 64 de l'amiral Scott (5 croiseurs et destroyers) les intercepta et les vainquit. De plus, les Américains réussirent à débarquer de nouveaux renforts sur l'île. Le 13, les Japonais envoyèrent deux cuirassés rapides, des croiseurs lourds et six transports de troupes qui débarquèrent 4 500 hommes sur l'île. Les forces japonaises sur Guadalcanal se chiffraient désormais à 24 000 hommes et les américaines à 23 000 hommes. Insatisfait, Nimitz fit remplacer Ghormley par Halsey et Fletcher par l'amiral Kinkaid.

Le 23 octobre, la XVIIe armée japonaise attaque l'aérodrome. Pendant ce temps, l'amiral Kondo se tenait près au large de l'île avec 4 cuirassés, 4 porte-avions, 10 croiseurs et 30 destroyers. Le 26 octobre eut lieu la bataille de Santa Cruz ou le Hornet fut coulé et l'Enterprise gravement touché. Les Japonais quant à eux perdirent 100 avions sur les 150 engagés dans le combats. Les combats continuaient sur l'île, mais les Marines tinrent bon. Après une interruption des combats de deux semaines, la bataille décisive eu lieu du 12 au 15 novembre. Lors de celle-ci, la Navy perdit 2 croiseurs et 7 destroyers, tandis que la Marine Impériale perdit 6 navires de lignes et 6 de ses 10 transports de troupes (les 4 autres parvirent à débarquer leurs contingents).

Le 11 décembre, l'état-major japonais pris la décision d'évacuer la XVIIe armée de Guadalcanal. A ce moment là, les forces japonaises sur l'île étaient réduites à 11 000 hommes tandis que 50 000 GI américains (du général Patch) avaient pris position. Le 7 février, les troupes japonaises commencèrent à gagner leurs transports et le 8, toutes les troupes japonaises avaient quitté Guadalcanal.

Lors des six batailles navales, la Navy et la Marine Impériale perdirent chacune 24 navires, soit 126 tonnes pour la première et 136 000 pour la seconde. Cependant, les Japonais avaient perdu 25 000 de leurs 35 000 hommes envoyés à Guadalcanal, alors que les Américains n'avait perdus que 1 500 hommes sur 60 000. Ce fut la première défaite terrestre de l'armée japonaise.