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Les îles Gilbert

Océan Pacifique

La guerre du Pacifique reposait en bonne partie sur l'aviation. Mais les avions ont besoin d'aérodromes et toutes les îles dont la géographie permettait d'en construire un avaient été prises par les Japonais en 1942. Lors de la reconquête du Pacifique par les Américains, toutes furent récupérées, non sans violents combats, dont certains plus que d'autres.

Tarawa est un atoll faisant partie des îles Gilbert. Il est situé à environ 4 000 km au sud-ouest d'Hawaï. Sa position était stratégiquement capitale pour la reconquête du Pacifique Centre, les Japonais le savaient et, après les défaites de Midway et de Guadalcanal, se montraient méfiants. Les îles Gilbert avaient été plus fortifiées que toutes les autres îles du Pacifique. L'amiral Keiji Shibasaki, commandant de l'île Betio, avait reçu des pièces d'artillerie lourde que ses compatriotes avaient capturées lors de la prise de Singapour.

Carte des îles Gilbert et Marshall

Carte des îles Gilbert et Marshall

L'île de Betio est la plus grande île de l'atoll, avec ses 4,8 km de long et 800 m de large. Les Japonais y avaient bâti un aérodrome et placé une garnison de 4 700 hommes. Shibasaki avait déclaré l'île imprenable, mais les Américains en doutaient. Aucun des deux camps n'avait raison.

La 2e division de Marines, soit 18 600 hommes, fut chargée de prendre l'île. L'opération fut déclenchée à l'aube du 20 novembre, après trois heures de bombardement soutenu menées par l'aéronavale et la marine américaines. Malheureusement pour les Marines, rien ne se déroula comme prévu.

Un soldat américain descend d'un LVT-1 Amtrac

Un soldat américain descend d'un LVT-1 Amtrac

Une erreur de calcul des horaires de marées fit échouer les péniches de débarquement sur des hauts-fond à 800 m de la plage, obligeant les hommes à descendre. De l'eau jusqu'aux hanches, avançant lentement, marchant sur du corail tranchant, n'ayant aucun endroit où se cacher et sous le feu nourri des Japonais, les Américains expérimentent un massacre en règle.

Sur l'île de Makin, le débarquement se passa cependant relativement bien et les pertes furent légères. Les autres îles furent envahies par des petits groupes d'assauts transportés par des sous-marins, car elles étaient bien moins défendues.

Après une heure, une partie des Marines parvint à poser le pied sur la plage de Betio, mais se trouvaient désormais coincés entre une petite butte de sable et l'océan, sans aucun support car les véhicules amphibies ne pouvaient les rejoindre (beaucoup s'échouèrent sur les barrières de corail). La bataille dura toute la journée et, au soir, les Américains appréhendaient un rembarquement. Ils passèrent la nuit éclairés par les tirs japonais.

Marines sur les plages de Betio, le 22 novembre 1943

Marines sur les plages de Betio, le 22 novembre 1943

Le lendemain matin, d'autres péniches et des chars amphibies arrivèrent en renfort, cette fois-ci en tenant compte de la marée et des hauts-fonds. L'offensive reprit, mais se transforma vite en des combats de groupes. Les Japonais étaient répartis sur la totalité de l'île, en petites poches et se battant jusqu'au dernier homme et la dernière balle. Les Américains commencèrent à comprendre que le fanatisme japonais ne cesserait de croître au fur et à mesure de leur avancée vers le Japon. Ce furent des opérations comme celle-là qui convainquirent les généraux américains qu'une invasion du Japon serait excessivement coûteuse en vies humaines et en matériel, et qui précipitèrent l'utilisation de la bombe atomique.

Le 23, les Japonais avaient épuisé leurs munitions et leurs forces, ils se battaient avec l'énergie du désespoir, défendant chaque parcelle de l'île. À la fin de la journée, les îles étaient prises, et les bilans furent établis. 1 500 Américains avaient été tués et autant blessés. Des 4 800 Japonais présents sur Tarawa, 17 furent fait prisonniers, tous les autres y ayant laissé la vie.

Avant même la fin des combats, l'atoll de Tarawa ressemblait plus à la lune qu'à une île paradisiaque

Avant même la fin des combats, l'atoll de Tarawa ressemblait plus à la lune qu'à une île paradisiaque