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La marine américaine

États-Unis

A la veille de la grande guerre, la "grande flotte blanche" avait accompli une croisière internationale pour démontrer que les USA entendaient bien faire partie des grandes puissances maritimes. Depuis la fin de la guerre Hispano-Américaine de 1898, et sous l'influence des travaux d'Alfred Thayer Mahan, son maître à penser en termes de stratégie, l'Amérique de Theodore Roosevelt était sortie de son isolationnisme relatif et lancé un énorme plan d'armement naval qui en fit l'équivalent de la marine Allemande, juste derrière la Royal Navy. Si elle ne joua son rôle qu'à partir de l'année 1917, elle lança un plan de construction massif de destroyers dont les effectifs étaient encore disponibles dans les années trente. Comme d'autre marines, ses réserves avaient étés engagées dans la construction de navires de ligne modernes, des dreadnoughts, au dépit des croiseurs: Aucun ne fut produit entre 1907 et 1921. Son plan d'armement massif de 1919-1923 vit la mise en service 6 cuirassés, 10 croiseurs légers, un porte-avions, 274 destroyers, et 51 submersibles. Six nouveaux cuirassés sont prévus au programme, les South Dakota, ainsi que 6 grands croiseurs de bataille de la classe Lexington. C'est précisément aux USA qu'un constat suivi d'un accord international sanctionna cette escalade au tonnage et à la puissance particulièrement lourde dans le bugdet des Nations.

La flotte américaine

La flotte américaine

En dehors de quelques destroyers, les USA durant leur seule année de guerre, 1917-18, n'enregistrèrent aucune perte majeure. C'est donc une fleet in beeing, intacte, promue par le tonnage au rang d'égale de la Royal navy, qui traverse l'entre-deux guerres, avec peu de constructions nouvelles. En dehors de l'achêvement des deux Lexington et des derniers Omaha, il n'y aura aucune construction majeure en dehors des croiseurs.

Ces derniers, les "traités" sont des croiseurs lourds du type "8-8" (8 pièces -8 pouces/203 mm). A la classe Pensacola (1929), armée de ...10 pièces de ce type en une configuration inédite en 2 tourelles doubles et 2 triples, succèdent les Northampton (9 pièces en trois tourelles triples), un arrangement conservé pour les autres classes de croiseurs. Les deux Portland (1932), sont du même type, ainsi que les 7 New Orleans (1933), bien mieux protégés. Les Brooklyn (1936), sont en revanche armés de cinq tourelles triples de pièces de 152 mm, et encore mieux protégés, tandis que Le Wichita (1937) armé de nouveau de pièces de 203 mm, adopte la coque moderne des Brooklyn, lesquelles se distinguent par leurs grandes dimensions et leur poupe carrée. C'est le dernier avant la guerre.

Sur le plan des destroyers, aucun nouveau ne sera produit avant 1934. Ces "flush-deckers", appelés aussi "Four piper" en raison de leur silhouette caractéristique, sont 262 en 1921. 93 seront mis en réserve puis envoyés à la casse dans les années trente, de sorte qu'ils sont encore 169 en service lorque la guerre éclate. Ils ne seront pas utilisés au sein des escadres actives, mais reversés à des rôles subalternes, comme l'escorte, le transport de troupes, le mouillage et le draguage de mines. Après le transfert de 50 unités à la Grande-Bretagne, 71 sont disponibles en décembre 1941. Cependant leur valeur militaire est moindre: Les Scott lancés par la Grande-Bretagne en 1918 ont montré la voie à suivre, et les Wickes/Clemson (nom officiel des deux classes) sont désuets et criticables sur de nombreux points, notamment leur comportement dans le gros temps. 37 d'entre eux servaient d'escorteurs dans l'Atlantique, 13 dans le pacifique.

Les premiers destroyers modernes seront mis sur cale en 1934: Il s'agit des 8 Farragut, grands et bien armés. Les Porter (1935) qui suivent possèdent un armement considérable pour l'époque, 8 pièces de 127 mm en quatre tourelles doubles: Il s'agissait de conducteurs d'escadre. Ils seront dans ce rôle suivis par les Somers (1937). Les Mahan, les Gridley, les Bagley, Benham, Sims sont des dérivés des Porter. En revanche, les Benson/Gleaves (1939) seront une série de masse, lancée en raison des hostilités.

En matière de submersibles, les USA avaient eu au début du siècle une certaine avance sur les autres nations grâce à ses ingénieurs, dont John Holland, premier à proposer des unités fiables militairement. Ils avaient étés exportés ou construits sous licence partout dans le monde. Une cinquantaine de submersibles seront encore construits jusqu'en 1924. Mais ils avaient leurs particularités: Ils s'agissaient de bâtiments rapides et maniables sous l'eau, capables de plonger vite à de grandes profondeurs, mais peu efficaces en surface. Mauvaises plate-formes de tir et lents. L'étude des submersibles Allemands bouleversa complètement les données. Ces derniers en effet, à l'instar du Narval de Maxime Laubeuf, leur ancêtre, étaient conçus comme des "torpilleurs submersibles". Ils étaient donc très efficaces pendant leur croisière en surface, beaucoup plus vulnérables en plongée. Or à cette époque, un submersible passe beaucoup plus de temps en surface, la plongée restant exceptionnelle (pour l'approche et l'esquive). 32 de ces submersibles des types R et S étaient encore en service en 1941.

D'autre part, l'étude des derniers croiseurs submersibles se répercuta sur les premières classes d'unités océaniques, dont les coques étaient un véritable plagiat de ces unités, et jusqu'au milieu des années trente, ces submersibles seront équipés de diesels Allemands MAN construits sous licence. Aux trois premiers Barracuda (1925), au nouveau standard de 100 mètres pour 2500 tonnes (le même pour les Japonais), succède l'énorme USS Argonaut (1927), de 4000 tonnes, et armé de deux pièces de 152 mm, suivi des deux Narwhal. Le Dolphin, signe un retour au concept initial des Barracuda, tandis que les Cachalot, Perch, Porpoise, Cuttlefish, Salmon et Seadragon en arrivent à un "standard" de submersible océanique de 1500-2000 tonnes. Les Tambor seront les derniers de type en 1940. Les deux Mackerel de 1940 en revanche furent les seuls "côtiers" destinés à remplacer les vieux "S" des années vingt. Cette "flotte de prototypes" fit que les USA ne disposaient que de 28 submersibles récents en 1939, sur un total de 74. (81 en décembre 1941).

Les unités "légères" au sein de l'US navy n'avaient pas, depuis Wilson, de raison d'être au sein d'une marine de haute mer. En dehors des quelques destroyers des classes Wickes et Clemson transformés en dragueurs de mines, il n'y en avait aucun de nouveau en service en 1941: L'US navy utilisait ses vieux "Bird" des années 1918-19, dérivés de remorqueurs. Il y en avait encore 46 en service sur 50, mais paradoxalement aucun en tant que mouilleur de mines: 17 servaient de remorqueurs au sein des escadres, 9 comme ravitailleurs d'hydravions, 6 comme navires de sauvetage de submersibles, 7 autres pour le sauvetage et l'assistance en mer et le dernier comme mouilleur de filets. La classe Raven, mise à l'étude sur la base de ces "Bird" ne sera prête qu'après le début des hostilité, et 8 seront en service avant l'attaque de Pearl Harbor. 78 seront construits en tout. Il s'agissait de dragueurs/mouilleurs de mines dont la complexité allait amener à concevoir les "Admirable" pendant la guerre.

En matière de Canonnières, l'US Navy commanda deux unités pour le service aux caraïbes, celles de la classe Erié, assistées par celles plus anciennes de la classe Asheville, et le USS Sacramento. Sur le Yang-Tsé Kiang, elle avait toujours assuré une présence et remplaça ses plus vieilles unités par 6 des classes Wake, Panay et Luzon (1925). Lors des évênements de 1937 avec l'invasion Japonaise en Mandchourie, le Panay fut capturé. Le USS Tutuila fut transféré à la Chine nationaliste en mars 1942. Le Luzon fut coulé. L'une des 2 unités de la classe Asheville fut coulée au cours d'un célèbre "incident" dont Hollywood s'empara et son sister-ship échappa à son sort en descendant vers le sud. Le Tutuila servit sous la bannière de la Chine Nationaliste à partir de 1942. Les trois autres fuyèrent aux Philippines, et y furent coulées en 1941, dont deux par sabordage.

Les Américains opéraient d'excellents hydravions civils avant la guerre, notamment dans le pacifique, et possédaient logiquement trois ravitailleurs pour sa flotte de PBY Catalina, les deux Shawmut (1917), et le Curtiss, plus moderne (1940).

L'US Coast-Guard opérait également 8 vieux patrouilleurs (Le Gresham de1897, les quatre Tampa de 1921, les deux Ossipee et l'Unalga de 1908). Au début des années vingt, la prohibition entraîna des conséquences inattendues pour ce corps indépendant de la marine, qui était dépendant non du Pentagone mais du secrétariat au trésor. Une partie de ces unités étaient conçues pour opérer dans les glaces et réaliser des sauvetages ou frayer des passages aux navires venant par le Nord en Hiver. Mais durant la prohibition, on construisit 33 petites unités (Active), pour la patrouille côtière contre les "Rum Running", les canots rapides transportant des tonnes de bouteilles en provenance du Canada. Les Thetis étaient plus grands, les Algonquin et les Treasury capables de circuler dans les glaces, de même que le Northland, ce dernier, pur brise-glaces pour l'arctique étant en outre équipé d'un hydravion.

Dix navires de la classe Lake seront construits en 1927-31 et transférés en 1941 aux Britanniques en vertu de l'accord prêt-bail. Ils serviront en Baltique. Par ailleurs, les gardes côtes reçurent spécialement durant la période de la prohibition 20 destroyers de réserve, et encore 5 autres en 1926, de même que 6 "four pipers" en remplacement des plus anciens en 1930, mais aussi provisoirement 19 anciens "SC" à coque en bois de 1918. Mais surtout, on construisit 203 vedettes de patrouille du type "22 mètres", et 30 du type "30 mètres", 9 du type "24 mètres", et 6 du type "23 mètres", dont certaines opéraient sur les grands lacs. Tous ces navires étaient en service en 1941 au sein des effectifs de l'US Navy. (1936).

Nomenclature pour décembre 1941:
-17 Cuirassés:

Classe Wyoming (2), Classe New York (2), Classe Nevada (2), Classe Pennsylvania (2), Classe New mexico (3), Classe Tennessee (2), Classe Maryland (4). 2 en construction (South Carolina)

-6 porte-avions: USS Langley, Classe Lexington (2), USS Ranger, Classe Yorktown (3).

-37 Croiseurs:

-27 Lourds: Classe Pensacola (2), Classe Northampton (6), Classe Portland (2), Classe New Orleans (7), Classe Brooklyn (9), USS Wichita
-10 Légers: Classe Omaha (10).

-166 Destroyers:

Classe Wickes/Clemson (71), Classe Farragut (8), Classe Porter (8), Classe Mahan (18), Classe Gridley (4), Classe Bagley (8), Classe Somers (4), Classe Benham (10), Classe Sims (12), Classe Benson/Gleaves (23), 73 autres en construction.

-81 Submersibles:

Classe R (7), Classe S (39), USS Argonaut, USS Dolphin, Classe Barracuda (3), Classe Narwhal (2), Classe Cachalot (2), Classe Porpoise (2), Classe Shark (2), Classe Perch (2), Classe Salmon (6), Classe Sargo (10), Classe Tambor (12), Classe Mackerel (2), 5 en construction

-5 Canonnières

Marines Classe Erié (2)

Fluviales USS Tutuila, Oahu, Mindanao.

-8 Dragueurs/Mouilleurs de mines:

Classe Raven (8), 20 autres en construction

-3 Ravitailleurs:

Ravitailleurs d'hydravions USS Curtiss, et Classe Shawmut (2).

-319 Gardes-côtes:

USS Gresham, Classe Tampa (4), USS Unalga, Classe Ossipee (2), Classe Active (33), Classe Thetis (17), Classe Algonquin (6), Classe Lake (10, tous transférés GB avant déc.41), Classe Treasury (7). Egalement 248 vedettes de patrouille côtière et portuaire.

Tonnage 1941:
Navires de ligne 17
Porte-avions 6
Croiseurs 37
Destroyers 166
Submersibles 81
Divers 335
Constructions de guerre:

Rien ne saurait mieux décrire la puissance industrielle d'une Nation que lorsque son potentiel se tourne presque entièrement vers la production militaire. La crise de 1929 avait laissée de profondes traces dans la population, et c'est l'Etat, à travers le New deal instauré par Roosevelt, et directement inspiré des théories de l'économiste John Maynard Keynes, qui permit à l'union de sortir du marasme. La relance de la construction navale était l'un des plans d'embauche important lancé alors. Mais l'isolationnisme traditionnel, qui restreignait la taille de l'aviation et de l'armée Américaine, ne valait pas pour la marine, instrument traditionnel de puissance politico-diplomatique depuis "Teddy" Roosevelt et son mentor Alfred Mahan.

Après le "jour de l'infamie" tel le qualifia Roosevelt, la réponse devait être d'autant plus appropriée que très rapidement, le plan Japonais de conquête du pacifique semblait ne connaître aucune perturbation sérieuse. En quelques Mois, Britanniques et Américains sont chassés de leurs possessions. Singapour et les Philippines tombent. Les alliés (dont les Hollandais) n'ont plus rien à opposer à la flotte Nippone, laquelle poursuit le débarquement de ses troupes, qui mènent leur avance jusqu'aux portes de l'Inde et à quelques encâblures au nord de l'Australie.
La marine Américaine se trouve pendant un an, privée de sa flotte du pacifique, obligée de la renforcer avec des effectifs de la flotte de l'atlantique, pourtant si précieuse pour la lutte contre les U-bootes. Mais aussi critique que soit la situation, les USA conservent leurs pièces maîtresses, les porte-avions. Ce sont ces derniers qui signeront le coup d'arrêt de Midway et commenceront à renverser le cours de la guerre dans le pacifique.

Les chantiers Américains ont eu très vite à remplacer les pertes de la flotte du pacifique, et en même temps à fournir les moyens de gagner la bataille de l'atlantique afin de pouvoir opérer sur le front occidental. De plus, les "pertes sèches" parmi le battleship row de Pearl Harbour, aux dires de l'Etat-major impérial qui croyait l'avoir définitivement éliminé, s'avéra moins catastrophique que prévu: Les deux cuirassés coulés étaient anciens, et même ceux qui avaient étés gravement endommagés furent jugés renflouables et réparables, et remis en chantier, modernisés et profondément transformés, puis renvoyés au front à partir de 1943 pour participer aux opérations de reconquête.

La construction d'unités lourdes n'était par pour autant abandonnée, et 4 nouveaux cuirassés, peu après la mise en service des deux premiers super-dreadnoughts de la classe North Carolina, la classe South Dakota, entra en service comme une tentative de concilier l'armement des premiers avec une coque plus petite et ainsi d'améliorer la protection. Ils furent suivis en 1943-44 patr les immenses Iowa, quatre cuirassés qui en différaient par une vitesse largement supérieure, laquelle entraîna des dimensions généreuses (50 mètres en plus), arrivant par leur déplacement aux limites du traité de Washington, déjà bafouées par les puissances de l'Axe. Ces quatre navires servirent ensuite épisodiquement durant la guerre froide et en 1980, puis furent modernisés pour répondre aux nouveaux croiseurs lance-missiles soviétiques. Ces vétérans opéraient encore des bombardement côtiers durant la guerre du golfe.

En matière de porte-avions, l'effort à été plus qu'impressionnant. En 1942 fut lancé le USS Essex, qui correspondait à un nouveau standard de porte-avions lourds et rapides, emportant plus de 100 appareils, largement inspirés des trois Enterprise. Plus de 15 furent construits, mais 5 furent terminés trop tard pour prendre part au conflit. 10 par contre furent opérés par l'US Navy avec succès. Ils suvécurent à la guerre et furent modernisés à divers degrés, participant à la guerre de Corée (leurs dimensions généreuses autorisaient l'utilisation de jets), puis du Viet-nâm, où ils opéraient surtout des hélicoptères. Les Midway, au nombre de trois finalement (les autres furent annulés) étaient des monstres au pont blindé capable d'embarquer plus de 120 avions, atteignant 300 mètres. Seul le premier parvint à "participer" au conflit en ralliant la baie de Tokyo juste à temps pour la signature de l'armistice. Ils furent largement utilisés jusque dans les années 90.
A partir de coques de Cleveland inachevés, l'US navy construisit également 10 porte-avions légers et rapides, la classe Independence. A partir de celle de cargos, 10 PA d'escorte de la classe Bogue, similaires aux Attacker et Battler transférés aux alliés Grands-Bretons, mais aussi les Sangamon, à partir de pétroliers, et enfin les 50 Casablanca, construits en un temps record dans les chantiers de Henry J. Kaiser, lequel faisait fortune avec ses Liberty-Ships. Enfin les 19 Commencement Bay, conçus également sur des bases de pétroliers d'escadre, et dont seuls 6 ou 7 furent prêts à temps en 1945.

Concernant les croiseurs, le nouveau standard avait été édifié par le USS Wichita pour les croiseurs lourds, aboutissant à partir de 1942 et jusqu'en 1945-46 à la construction des 18 Baltimore (dont 14 terminés avant la fin du conflit), et aux 28 croiseurs légers de la classe Cleveland et Fargo. En outre, ils avaient étés précédés par des "super-destroyers", des croiseurs légers armés uniquement de tourelles standard antiaériennes de 127 mm, les Atlanta (12 navires). Enfin, en 1944-45, on vit la mise en service de trois étranges navires, apparentés à des croiseurs de bataille mais classés comme croiseurs lourds, les Alaska. Ils ne donnèrent pas pleinement satisfaction et ne furent pas suivis.

Mais ces constructions de guerre comprenaient d'abord et avant tout plus de 2700 "Liberty-ships", ces extraordinaires cargos "standards", très simples et robustes, mais aussi rapides, et conçus pour être produits très rapidement (parfois une semaine). Ils devaient remplacer les saignées opérées dans les convois par les loups gris de Dönitz, à raison de quatre ou cinq cargos par perte. Les Britanniques en reçurent également, sous le nom de "Victory ships". La plupart des "Liberty" étaient armés, et servaient ausi de transports de troupes et de matériel militaire. Une fiche va donc s'appliquer ici à les décrire. (voir "transports armés"). On construisit également en masse des pétroliers standard, les T2.

L'US Navy reçut reçut entre 1942 et 1945 plus de destroyers qu'elle n'en opéra jamais, et dont la grande majorité servaient encore dans les années 60, ainsi qu'à l'étranger jusque dans les années 80-90. Certains sont toujours en service sous divers pavillons. Cela commença en 1941-42 par la classe Benson/Gleaves, série prolongée dans l'urgence, et dont 96 unités furent produites au total. Mais ce furent surtout les 175 unités de la classe Fletcher qui suivirent, qui se rendirent célèbres par leurs engagements, de même que les Sumner (58 navires) et Gearing (104 navires) en 1943-45. Un rouleau compresseur destiné à opérer moins contre les U-bootes que contre les redoutables unités alignées par la marine Nippone.

Ce sont aussi les 360 destroyers d'escorte construits spécialement pour le service dans l'Atlantique et qui participèrent activement à la chasse aux submersibles Allemands: Bien que les "GMT" constituaient le standard de la classe, les TEV, TE, WGT, DET et FMR, disposaient de la même coque, des mêmes moteurs, et ne différaient que par des arrangements d'armement et des détails de superstructures. Bon nombre furent reconvertis en transports d'assaut et la plupart servirent jusque dans les années 60, classés comme frégates ASM.

Afin d'empêcher le ravitaillement des troupes Japonaises, qui avaient eux aussi un système de convois, l'US Navy mit en oeuvre la prolifique classe de submersibles océaniques de la classe Gato (180 unités), ainsi que les sous-classes Balao et Tench, avec des techniques calquées sur celle des U-boote, et avec un plus grand succés: Ils obligèrent les Japonais à construire des porte-avions d'escorte, des escorteurs, et à mettre en oeuvre des submersibles de tansport de troupes et le fameux "Tokyo night express", une escadre comprenant des destroyers et des croiseurs transportant de nuit les troupes et le matériel destinés aux renforts de Guadalcanal. Ces unités coulèrent 60% du trafic Nippon, et une forte proportion de navires militaires, privant en outre et surtout de ravitaillement et de renforts nombre de garnisons isolées, mais privant aussi le japon de ses précieuses ressources industrielles, si ardemment désirées, basées sur l'empire asiatique édifié par la force en 1941-42.

Sur le plan des unités légères, on retient bien sûr les chasseurs de sous-marins du type SC (435 navires), PC, plus économiques et PCS, plus marins (des dragueurs de mines type YMS et Admirable convertis), les célèbres vedettes lance-torpilles construites chez Elco, Higgins Vosper et Huckins, à raison de 768 unités au total jusqu'en 1945. Elles s'avérèrent particulièrement adaptés aux conditions imposées par les hauts fonds des archipels du pacifique et furent très utiles contre le "Tokyo Night express" et les unités légères Nippones à Guadalcanal. Le PT 109, sur laquelle servit en tant qu'officier le jeune J.F. Kennedy a même inspiré Hollywood.

Bien que la guerre des mines ne constituait pas une priorité, on compléta les Raven par des Admirable, une longue série largement revendue aprés-guerre, et qui donna une variante d'escorte, les PCS. Ce sont aussi 481 dragueurs de mines côtiers de la classe YMS, également promis à de longues années de service sous divers pavillons après-guerre. Jacques-Yves Cousteau transforma l'un d'eux, ex-FNFL racheté à Marseille en 1950, qui devint le célèbre navire océanographique Calypso.

En matière de navires amphibies, les productions furent intenses: Outre les transports d'assaut classe Doyen, "Hog Islander", Bayfield, Windsor, Ormsby, Askell, Andromeda, et Gilliam, ce sont les fameux LST (Landing ship tanks) les "ro-ro" (Roll on-Roll off) qui inventèrent le principe du ferry à portes avant, mais aussi les LSD (Landing ship Dispatch), les LSI (Landing Ship Infantry), les navires d'appui-feu LSM(R), et bien sûr les chalands légers LCT, LCV, LCVP, LCM, LCP, et LCP(R), au nombre de 40 714 et que l'on trouvait aussi bien sur les liberty-ships que sur des DE transformés, et qui furent mis en oeuvre pour l'opération Torch en Afrique du nord, en Normandie (Overlord), en Provence (Anvil-Dragoon), en Sicile (Husky), italie (Baytown, Avalanche), à Tarawa (Galvanic), à Iwo Jima et Okinawa, entre autres, sans compter ceux mobilisés pour l'immense opération Olympic (L'invasion du Japon prévue en septembre 1945). Il y eut aussi un grand nombre de conversions en transports rapides de destroyers d'escorte (APD), et la mise en service des LSV (Landing ship Vehicle) et surtout des LSD (Landing Ship Dock) qui annonçaient les grands transports d'assaut à radier de l'US Navy contemporaine.

L'immense flotte américaine et ses non moins nombreux hydravions nécéssitait des ravitailleurs, très utiles sur l'immensité du pacifique, et qui servirent aussi de transports et de ravitailleurs. Il s'agissait de l'USS Curtiss, déjà en service, et des 4 Currituck, très imposants, ainsi que de plus petites unités de la classe Barnegat (37), équipées de diesels. Enfin, comme ce type de navires était relativement onéreux à produire, on se replia sur la conversion en chantier de coques de cargos standard rapides du type C3, ce qui donnera les 10 Tangier (AV).

Enfin, l'US Coast Guard reçut de nouvelles unités, dont les aptitudes brise-glaces furent largement mises à constribution pour "tailler la route" aux cargos qui allaient transformer le Groënland en base avancée et poste de ravitaillement pour les bombardiers sortis d'usine et en partance pour la Grande-Bretagne. Il s'agissait des treize Owasco et des cinq Wind.

Bilan
-8 Cuirassés rapides:

classe South Dakota (4), Classe Iowa (4).

-95 porte-avions:

Lourds: Classe Essex (12), 5 en construction, Classe Midway (3), le premier en achêvement en juillet 1945.

Moyens: Classe Independence (10), 4 autres en construction.

Légers/escorte: Classe Bogue (10), classe Sangamon (10), classe Commencement Bay (50), 25 autres en construction.

-45 Croiseurs:

-14 lourds: Classe Baltimore, 4 en construction.

-32 Légers: Classe Atlanta (12), Classe Cleveland (28).

-218 Destroyers:

Classe Benson/gleaves (96), Classe Fletcher (175), Classe Allen M. Sumner (58), Classe Gearing (104).

-360 Destroyers d'escorte

Classe GMT (68), TE (102), TEV/WGT (105), DET/FMR (149).

-160 Submersibles:

Classe Gato/Balao/Tench (226).

-37 Frégates:

Classe Tacoma (78)

-361 Dragueurs de mines:

Classe Raven/AUK (78), Admirable (174), YMS côtiers (109).

-1 243 Navires légers:

-768 Vedettes lance-torpilles type PT Elco, (400) Vosper (137), Higgins (215), Huckins (16).

-475 Chasseurs de submersibles classes MS (435) et PCS (40).

Non comptabilisés: 23 corvettes type "flower" ex-britanniques transférées en 1942. Connues comme canonnières PG 62-96.

-45 816 Navires amphibies:

306 (349)-Transports d'assaut: 2 Cargos classe Doyen , 8 cargos type "hog islander", 29 classe Bayfield, 17 classes Winsdor/Funston, 7 classes Ormsby/Sumter, 117 classe Haskell, 62 classe Andromeda et 64 classe Artemis. 43 conversions de DE en APD. enLSI(S).

45 510-Péniches et barges: 1152 type LST, 425 type LSM, 57 type LSM(R) d'appui-feu, 1139 type LCI(L), 1465 type LCT, 2140 LCP(L), et 2572 LCP(R), 2366 LCV, 22 492 LCVP, 11 144 LCM, 130 LCS(L) et 558 LCS(S) d'appui-feu.

67-Divers:

-4 ravitailleurs d'hydravions classe Currituck, 10 classe Tangier, 37 classe Barnegat, 1 mouilleur de mines, USS Terror, 15 navires de commandement classe Appalachian. .

-17 Coast Guard:

-13 Owasco, 4 Wind

Navires de ligne
Classe California
Rapides classe Iowa
Classe Maryland
Classe Nevada
Classe New Mexico
Classe New York
Classe North Carolina
Classe Pennsylvania
Classe South Dakota
Croiseurs
Lourds classe Alaska
Légers classe Atlanta
Classe Baltimore
Classe Brooklyn
Classe Cleveland
Classe New Orleans
Classe Northampton
Classe Omaha
Lourds classe Pensacola
Classe Portland
Lourd USS Wichita
Porte-avions et porte-hydravions
D'escorte classe Casablanca
Classe Commencement bay
Classe Essex
Classe Independance
Classe Lexington
Classe Long Island
Classe Midway
Classe Ranger
Classe Sangamon
Classe Wasp
Classe Yorktown
Destroyers
Classe Allen M Summer
Classe Benham
Classe Benson/Gleaves
Classe Caldwell
Classe Farragut
Classe Fletcher
Classe Gearing
D'escorte classe GMT/Evarts
Classe Gridley/Bagley
Classe Mahan
Classe Porter
Classe Sims
Classe Somers
D'escorte classe DET/FMR
Classe TE
D'escorte classe WGT/TEV
Classes Wickes et Clemson
Submersibles
USS Argonaut
Classe Gato et Tench
Classe Barracuda
Classe Cachalot
USS Dolphin
Classe Mackerel
Classe Narwhal
Classe Porpoise/Shark/Perch
Classe Salmon
Classe Tambor
Transports d'assaut
Type APD37
Classe Artemis/Gilliam
Classe Bayfield
Classe Haskell (Victory)
Classe Windsor/Funston
Dragueurs de mines
Classe Admirable
Classe Raven/Auk
Navires de débarquement
LCI(L) Landing Craft Infantry (Large)
LCS(L) Landing Craft Support (Large)
LCS(S) Landing Craft Support (Small)
LCT(5)-(6) Landing Craft Tanks
LSM Landing Ships Medium
LSM(R) Landing Ship Medium (Rocket)
LST Landing Ships Tanks
Patrouilleurs
Type PC
Type SC "110 pieds"
Divers
Canonnières américaines
Classes PCS et YMS
Vedettes lance-torpilles
Tonnage en 1939-1945 :
Navires de ligne 8
Porte-avions 95
Croiseurs 45
Destroyers 220
Submersibles 160
Destroyers d'escorte 360
Frégates 37
Patrouilleurs ASM 1 243
Dragueurs de mines 361
Amphibies 45 816
Divers 84
L'US Navy en opérations:

Bien que des destroyers aient ponctuellement effectué des passes de grenadage sur des U-bootes venant trop près des côtes Américaines, menacer directement les navires sortant de Boston, Philadelphie ou New York à destination des ports Britanniques, l'US Navy, pas encore officiellement en guerre, restait vigilante et ses équipages actifs le cas échéant.

Le USA ne rentrent dans le conflit que deux ans et demi après son déclenchement, suite à la catastrophe de Pearl Harbour. Mais dès lors, et comme en 1914-18, ils deviennent le seul support de la dernière démocratie encore en vie en Europe, la Grande-Bretagne. Aussi, le passage des convois apportant ces précieux ravitaillements devenait impérieuse et prioritaire. Ce furent ses moyens qui permirent le débarquement en Afrique du Nord en 1942, de même que sur le font du pacifique, jusqu'à ce que la situation bascule à Midway. A ce titre, et jusqu'à cette date, les USA furent dans une situation dramatique, la pire de leur histoire, devant soutenir à la fois Britanniques, Russes et devant faire face à présent aux ambitions Nippones sur un théâtre d'opération privée de l'essentiel des ses forces: Le "battleship row", le "big five" représentait alors le pilier de la flotte du pacifique. Par les hasards des affectations, Il ne lui restait plus que trois porte-avions, et c'est avec ces bâtiments "auxiliaires" (pour un grand stratégicien comme Mahan) qu'elle dût faire face, inventant véritablement la guerre "au-delà de l'horizon". Alors que la Grande-Bretagne se servit de ses porte-avions comme couverture au sein de ses groupes de ligne, les USA les utilisaient comme pièces principales de leur échiquier.

Les défaites s'accumulèrent dès le début de 1942 et le Japon semblait alors invincible. Les navires de ligne de la force Z de l'amiral Tom Philips fut anéantie avant de pouvoir tirer un coup de canon, la bataille du détroit de Macassar menée avec quelques destroyers ne fut qu'une demi-victoire, le convoi Japonais parvenant à bon port, la bataille de la mer de Java un mois plus tard signa la perte de ce qui restait des forces ABDA (Britannico-Australo-Hollando-Néo-Zélandaise), et La bataille de la mer de Corail fut une défaite Américaine, le Lexington y étant coulé. Le raid audacieux de Doolittle en avril 1942 sur Tokyo, malgré ses effets limités, avait cependant eu un impact symbolique considérable, redonnant confiance aux Américains et faisant pour la première fois douter l'empire de son invulnérabilité.

La Bataille de Guadalcanal allait être un long conflit d'usure, et les îles Carolines le théâtre des plus nombreux et des plus féroces batailles navales de la seconde guerre mondiale. Situées aux portes de l'Australie, elle en étaient le dernier rempart et tout l'enjeu consista pour les japonais à y installer un terrain d'aviation (Lunga Point) pour contrôler la région et permettre un débarquement sur la côte nord du septième continent. Sur le continent asiatique, l'avance des troupes avait constitué en effet un glacis qui ne s'arrêtait qu'à la frontière Indienne. Ce terrain d'aviation fut repris par les Américains qui le renommèrent Henderson Field et fut l'objet de toutes les attaques de la part du Japon, y injectant toutes les nuits des troupes fraîches. L'interception de ces forces par l'US navy déboucha sur plusieurs batailles, dont celle de Savo, superbe démonstration de maîtrise de la part des tacticiens Nippons et lourde défaite pour l'Amérique qui y perdit d'un coup trois croiseurs lourds.

La Bataille de Midway, qui était au départ le projet d'un débarquement sur l'île occupée par les marines, de Midway, véritable verrou du pacifique, vit la destruction des quatre porte-avions de ligne de la marine Nippone, pour la perte d'un seul Américain. Dès lors, la chance et la volonté de vaincre semblaient avoir changé de camp. La bataille des île Santa Cruz en octobre sera de nouveau une défaite Américaine, mais un succès stratégique puisqu'il retarda les renforts Japonais pour Guadalcanal. La seconde bataille de GuadalcanalVella Lavella, sera menée de nuit les 6-7 octobre 1943, par des destroyers US contre la fameux "Tokyo Night Express". Les pertes de part et d'autres n'empêchèrent nullement le convoi de débarquer leur matériel. Ce fut donc aussi l'un des derniers échecs de l'US Navy.

La bataille des îles Komandorski le 26 mars 1943, interception d'un convoi visant au ravitaillement Japonais des Aléoutiennes dans le pacifique nord, se soldera par un autre succés stratégique Américain, qui bien qu'ayant subi la mise hors-jeu du croiseur Salt Lake City, et en endommageant le Nachi, firent renoncer les japonais à tout renfort de surface de ses garnisons dans l'avenir. La destruction de Truk et rabaul, en nouvelle-guinée, fut aussi menée par l'aéronavale de l'US navy, en coordination avec l'USAAF. En nouvelle-Guinée, en novembre 1943 par contre, la bataille de la baie de l'impératrice Augusta qui était l'interception d'une force de renfort contre la tête de pont de Torokina par une escadre Américaine devient un succès car si les Japonais perdent un croiseur et un destroyer et renoncent à cette mission en rentrant avec leurs navires gravement endommagés, du côté Américain aucune perte n'est à déclarer.

A partir de 1944, les Philippines étaient le repère des dernières bases avancées du support pour les opérations dans le pacifique sud et en chine, et devinrent le nouveau théâtre d'affrontements gigantesques: La fameuse bataille de Leyte, comptant plusieurs affrontements subordonnés connus comme la bataille du détroit de Surigao et celle de Samar. Elle avait étée précédée en Juin par celle de la mer des Philippines, sévère défaite Japonaise qui perdent trois porte-avions. Celle de Leyte va par contre être la grande bataille décisive (issue des théories d'Alfred Mahan, qui inspira aussi beaucoup certains officiers supérieurs Japonais, comme Yamamoto, stagiaire à l'académie navale Américaine d'Annapolis et des cours de stratégie.). L'empire du Japon y lance ses dernières forces et les perd. A cette date l'aéronavale Nippone avait déjà étée décimée comme ses pilotes de valeur.

Pratiquement toutes les opérations qui suivirent avaient pour but de prendre pied sur des îles suffisamment importantes pour y aménager des aérodromes destinés aux bombardiers longs-porteurs, destinés à marteler les points-clés du sud du Japon, les dernières bases avancées avant l'assaut final contre l'archipel lui-même.

Durant ces opérations, c'est le corps des US marines qui fut mis largement à constribution, bien secondé par des moyens gigantesques. En 1941, il y avait moins de porte-avions Américains que Japonais en service. Un écart qui fut rapidement comblé par des séries de porte-avions lourds, rapides et d'escorte au sein de task-forces rapides constituées pour parer à toutes les menaces. Il n'empêche que les qualités manoeuvrières et l'agressivité qui caractérisaient la flotte Nippone aux équipages aguerris, causèrent de sérieux déboires à l'amirauté Américaine. On se souvient par exemple de la perte des trois croiseurs Astoria, Quincy et Vincennes à Guadalcanal en 1942, et la maîtrise l'aéronavale Japonaise de la perte des porte-avions Lexington, Yorktown, Hornet, Wasp. Le chasseur Zero notament, était totalement inconnu sauf du général Claire Chennault et ses célèbres "tigres volants" en Birmanie, et qui surclassaient tous les appareils alliés, notamment le Grumann Wildcat avant l'apparition du Hellcat et du Vought Corsair, fin 1942 et courant 1943.

Ces grandes conflagrations aéronavales, dans lesquelles seuls les avions s'affrontaient, puis attaquaient les navires adverses et décidaient du sort de la bataille, avaient changé le cours de la stratégie. Les super-cuirassés Yamato par exemple, n'eurent jamais à affronter directement des cuirassés Américains et furent anéantis par des nuées d'appareils adverses. A Midway, aucun navire n'en avait affronté directement un autre: Seul les avions et sous-marins avaient ce privilège. A Santa Cruz, ce fut encore le cas, de même que pour nombre d'engagements culminants jusqu'à la titanesque bataille de Leyte en 1944. Après celle-ci, les forces vives de la marine Nippone avaient étés définitivement anéanties et la puissance industrielle Japonaise, privée des précieuses matières premières apportées par des convois décimés par les meutes de submersibles américains était très loin d'atteindre celle des USA. Après Leyte, c'est le carburant absent qui condamnait le reste de la flotte à l'inaction. Quand aux Kamikazes, ces pilotes hâtivement formées n'avaient appris... qu'à décoller. Mais le manque d'aluminium, entre autres, gêvait sérieusement la productivité de Nakajima ou Mitsubishi.

Conscients de la nécessité de disposer de "porte-avions avancés" pour mettre en oeuvre les B-29 qui allaient pilonner l'archipel tout comme la 8e air Force le faisait au-dessus du Reich depuis la Grande-Bretagne, on planifia les opérations contre Tarawa, puis Iwo Jima et enfin Okinawa en 1945. Pendant ce temps, ce sont les bases reconquises en chine qui servaient d'aérodromes géants à ces "superfortress". Les derniers mois de 1945 ne furent plus qu'un "nettoyage" des côtes de l'archipel, mené essentiellement par des avions, qui coulèrent 90% des unités Nippones survivantes, souvent en rade, notamment dans le grand arsenal de Kure.

Epilogue:

En sortant du conflit le plus titanesque de l'Histoire, et en étant agressé par le Japon, le "géant endormi" fut définitivement tiré de son isolationnisme traditionnel au moment où la tension en Europe commença à prendre une nouvelle forme: Le péril communiste. Devant la monté progressive de l'"empire soviétique", l'US Navy joua un rôle prépondérant. Force de projection internationale, elle continua de se considérer "en état de guerre", et ses constructions navales, loin de se tarir, s'amplifièrent comme jamais, pour en arriver au monstre que l'on connait aujourd'huis. Avec sa "politique du porte-avions", le gendarme du monde est désormais l'héritier, au moins spirituel, de la Royal Navy. Ceci est encore plus vrai avec la disparition de la marine Soviétique. Dans tous les conflits récents, l'US navy est l'instrument de choix de la maison-blanche, et ce depuis une doctrine édictée pour la première fois en 1905, dans le cours de stratégie d'Alfred Mahan, grand admirateur de Napoléon et élève de l'un de ses nombreux analystes postérieurs, Jomini...

Auteur: David Bocquelet

Sources: Jane's, Conway's, http://www.stratisg.org, Hazegray, http://www.navsource.org, http://globalsecurity.org