La conception a débuté au début des années 30 par l’ingénieur Josef Koucky pour l’entreprise CZ.
Le prototype prendra forme à partir de 1938, lorsque l’armée tchèque, en 1936, se rendra compte que les recherches entreprises par l’entreprise Jawa sur un fusil à âme conique de 15/11 mm inventé par Janeckovy, exploitant le brevet Gerlich, ne sont pas viables. Malgré l’avancée technologique, le système Janeckovy s’avère être une voie sans issue en raison de l’usure prématurée du canon et de son poids excessif de 20 kilos.
Ces mêmes recherches démontrèrent que la munition réglementaire de 15 mm (15×104), utilisée pour les mitrailleuses ZB-60, rendait les armes trop lourdes et les secousses trop violentes pour le soldat.
Sous les directives des militaires, Josef Koucky décida de créer une munition de petit calibre, 7,92 mm, mais avec un noyau en tungstène, atteignant une vitesse de 1 320 m/s, qui prendra le nom officiel de 7,92 ZVV (7,92×145).
Afin de conserver une telle vitesse, l’arme devait avoir un canon très long. Josef Koucky révolutionna le monde de l’armement en plaçant le chargement à l’arrière de la détente, permettant, malgré la longueur du canon, de concevoir une arme assez compacte pour être manipulée normalement par un seul soldat.
Il s’agissait d’un fusil antichar révolutionnaire, utilisant le principe du bullpup : la culasse à verrou était située à l’arrière de la poignée, coulissant sur la crosse.
Ce système, entièrement à l’arrière, permettait d’encaisser plus confortablement le violent recul des munitions antichars, le rendant moins fatigant pour le tireur.
Le modèle produit fut le ZK38-2, doté d’un chargeur de 5 coups.
En avril 1938, les propriétés balistiques de la munition ZVV s’avèrent décevantes : l’ogive a tendance à chuter trop rapidement lors de son envol sur les longues distances.
Déçue par la balistique terminale du 7,92 ZVV, CZ décida, entre fin juin et août, de procéder à de nouveaux essais à Střelná, près de Vsetín. Cette fois encore, la munition se montra décevante :
- Elle usait rapidement les canons.
- Elle était sujette à une trop grande dispersion.
- Sa pénétration était insuffisante au-delà de 300 mètres.
Face au danger imminent du Troisième Reich, cherchant à annexer les Sudètes, l’état-major décida de poursuivre la fabrication, tout en préconisant de ne pas tirer au-delà de 300 mètres. Les hausses furent donc fixées à cette distance.
Cela étant dit, tous les blindés de la génération de la guerre civile espagnole étaient perforés à 150 mètres.
Dans le même temps, l’institut VTLÚ apporta son aide à CZ pour corriger la munition 7,92 ZVV, aboutissant à la création d’une munition de 12 mm (12×165 mm), corrigeant ainsi les défauts du 7,92 mm ZVV.
Un fusil antichar spécifique fut développé pour cette nouvelle munition : le ZK38-4, un modèle monocoup.
Les deux modèles furent produits à environ 10 000 exemplaires, en attendant un meilleur remplaçant.
D’autres variantes expérimentales furent également testées sur la série 38, utilisant le calibre 15 mm réglementaire, en version monocoup ou à répétition, avec des chargeurs de 5 à 10 coups.
Les fusils antichars ZK38-2 et ZK38-4 furent principalement destinés à équiper les blockhaus LO modèles 37 et 38.
La production fut totalement abandonnée lors de l’annexion de la Tchécoslovaquie.
Les armes existantes furent converties au calibre 7,92×94 Patronen 318 et utilisées par les unités Waffen-SS, afin de pallier le manque de fusils antichars PzB 39 dans leurs rangs, jusqu’en 1943.
Spécifications techniques
| Caractéristique | ZK38-2 | ZK38-4 |
|---|---|---|
| Fonctionnement | Verrou bullpup | Verrou bullpup |
| Calibre | 7,92×145 ZVV (initial) | 12×165 mm (amélioré) |
| Calibre après 1939 | 7.92×145 ZVV, 7.92×94 Patronne 318 (après 1938) | 12×165 |
| Capacité | 5 coups | Monocoup |
| Masse | 10 kg | 10 kg |
| Longueur | 1 710 mm | 1 710 mm |
| Longueur du canon | 1 500 mm | 1 500 mm |
| Vitesse initiale | 1 300 m/s (7,92 ZVV & 12 mm) | 1 050 m/s (7,92 Patronen 318) |