En 1941, la Nouvelle-Zélande faisait face à un problème similaire à celui de l’Australie : la guerre contre le Japon faisait rage, et les livraisons d’armes en provenance de la Grande-Bretagne n’étaient pas garanties. Bien que membre du Commonwealth, la Nouvelle-Zélande se sentait isolée et a pris la décision de produire des fusils semi-automatiques, basés sur une invention de Philip Charlton datant de 1914.
Ce projet consistait à convertir des fusils obsolètes, tels que le Lee-Metford et l’Enfield Mark III, en armes automatiques en réutilisant autant que possible leurs pièces d’origine. Inspiré par des armes comme le RSC 1917 et 1918 français, ou le prototype Chauchat-Ribeyrolles 1918, le mécanisme utilisait une prise de gaz latérale. Celle-ci captait les gaz du tir pour actionner une tringle qui, à son tour, reproduisait automatiquement le mouvement de la culasse, habituellement manipulée manuellement par le soldat.
Le verrou, hérité du fusil d’origine, a été modifié et usiné pour s’adapter à ce système. Un ressort de rappel permettait ensuite de ramener la tringle à sa position initiale, complétant ainsi le cycle en rechambrant une nouvelle cartouche. Le fusil conservait le canon, le bloc détente, la culasse et le chargeur Lee de 10 coups.
Les modifications incluaient également :
- Une nouvelle crosse,
- Deux poignées pistolets (une à l’avant et une à l’arrière),
- Des ailettes de refroidissement pour le canon,
- Un bipied pour améliorer la stabilité.
Par la suite, des chargeurs de fusil mitrailleur Bren ont été adaptés, transformant l’arme en véritable fusil mitrailleur.
Les fusils ont été produits entre 1942 et 1945 par Charlton Motor Workshops à Hastings, avec une fabrication totale de 1 500 exemplaires, exclusivement destinée à la Home Guard néo-zélandaise. Une version alternative a également été fabriquée en Australie par Electrolux.
D’un point de vue économique, la conversion des fusils en armes automatiques revenait presque aussi cher que la fabrication de fusils mitrailleurs neufs. Cependant, en raison de l’absence d’industrie lourde en Nouvelle-Zélande, cette solution représentait une opportunité stratégique, permettant une production locale dans des ateliers mécaniques tels que celui de Charlton.

Spécifications techniques
| Fonctionnement | Semi-automatique ou automatique (système Charlton) |
| Calibre | 7,7 mm |
| Munition | .303 British |
| Cadence de tir | 600 coups/min |
| Capacité | 10 ou 30 coups |
| Portée | 1 000 m |
| Masse | 7,3 kg |
| Longueur | 1 150 mm |
| Longueur du canon | 640 mm |
| Vitesse initiale | 726 m/s |