En 1906, la situation sociale dans l’Empire perse commence à se tendre avec des révoltes et des revendications populaires. Le shah Mozaffareddine, au pouvoir, décide alors de créer un parlement (Majles) et de mettre en œuvre des réformes pour apaiser la population (état de droit, régulation du prix du sucre).
Dans le même temps, le shah achète des fusils Berthier à la France, choisissant le modèle 1902 dit « indochinois », une carabine version gendarmerie avec un canon plus long, adaptée à la morphologie des tirailleurs vietnamiens appelés à l’époque Annamites (royaume d’Annam sous occupation française).
Ces fusils, modernes pour l’époque, sont solides et robustes, malgré leur alimentation par un clip de type Mannlicher de 3 coups. Ils modernisent les fusils monocoup à poudre noire alors en usage dans l’empire. La Perse achète 10 000 exemplaires à la manufacture de Châtellerault, livrés en 1908 après un accord de passage avec la Russie.
Entre-temps, le shah Mozaffareddine Qadjar meurt en 1907, remplacé par Mohammed-Ali Qadjar, qui en 1908 rompt avec la politique de son prédécesseur et instaure une dictature. La brigade cosaque est chargée de réprimer toutes les révoltes, et les fusils Berthier équipent la petite armée sur ordre direct du shah.
Le fusil fait la transition parfaite entre les fusils monocoup à poudre noire Werndl et les modernes fusils vz.24 Bernoh. En 1921, sous le règne de Reza Shah Pahlavi, une réforme de l’armée est lancée, et les fusils Berthier sont maintenus jusqu’à la montée en puissance des fusils Bernoh et Kootah. Ils sont alors stockés en réserve opérationnelle et définitivement remplacés dans les années 1950 avec l’arrivée massive d’armements américains.
Spécifications techniques
| Fonctionnement | Manuel à verrou, magasin type Mannlicher |
| Calibre | 8 mm |
| Munition | 8×50 R |
| Capacité du magasin | 3 cartouches |
| Longueur totale | 1 125 mm |
| Longueur avec baïonnette | 1 645 mm |
| Longueur du canon | 635 mm |
| Poids vide | 3,6 kg |
| Vitesse initiale | 700 m/s |