Fusil Mauser 1895 bolivien

En 1895, la Bolivie acquiert 15 000 exemplaires du fusil Mauser modèle 1891 argentin, suite aux difficultés de paiement de l’Argentine envers son fournisseur. Rebaptisés officiellement modèle 1895 par l’armée bolivienne, ces fusils seront livrés entre 1897 et 1901. Ils viennent renforcer et moderniser les stocks de fusils Remington Rolling Block alors en service.

Après sa défaite lors de la guerre du Pacifique en 1883, ayant entraîné la perte de son accès à la mer, la Bolivie demande à l’Empire allemand de former son armée selon son modèle. Au début du XXe siècle, dans un contexte de prospection pétrolière (par la Standard Oil) et minière, les tensions s’intensifient entre la Bolivie et le Paraguay, notamment dans la région frontalière du Chaco Boréal.

En février 1927, la capture d’une patrouille paraguayenne menée par le lieutenant Silva, qui sera tué dans des circonstances douteuses dans le fortin bolivien de Sorpresa, met le feu aux poudres. De nombreux incidents frontaliers suivent, jusqu’à atteindre un paroxysme en 1932 : convaincue de sa supériorité militaire, la Bolivie décide d’envahir le Chaco Boréal, territoire stratégique pour le Paraguay.

Mais la guerre éclair se transforme en un conflit d’usure dans le désert du Chaco, aussi surnommé « le désert vert ». Les combats autour des fortins se révèlent particulièrement meurtriers. La chaleur extrême, la déshydratation et les maladies imposent une logistique implacable aux deux camps. C’est dans ce contexte que les fusils Mauser 1895 sont massivement utilisés.

La Bolivie, isolée diplomatiquement, finit par céder en 1935 après le coup d’État militaire de 1934 qui renverse le président Daniel Salamanca. En 1938, les accords de paix sont signés : le Paraguay sort vainqueur mais exsangue, et double sa superficie dans la région du Chaco Boréal.

La défaite engendre une instabilité politique en Bolivie. Confrontée à une inflation galopante, l’armée prend le pouvoir en 1935 avec le soutien du parti Concordancia (union entre libéraux et socialistes), pour contrebalancer l’influence croissante de la classe paysanne, acquise au suffrage universel et proche des courants marxistes et trotskistes.

La junte est composée de Tejada (vice-président de Salamanca), Toro (général et héros de guerre) et Busch (colonel et héros de guerre). La Standard Oil, accusée de collusion avec l’ennemi, est nationalisée. En 1939, face à l’opposition parlementaire à ses réformes, Busch se proclame dictateur, puis se suicide la même année. Quintanilla (général) lui succède.

Sous Quintanilla, l’économie bolivienne s’ouvre aux investissements nord-américains. En 1940, la démocratie est restaurée avec l’élection du général Peñaranda, qui renforce les liens avec les États-Unis. En 1942, la Bolivie restitue la Standard Oil et se range aux côtés des Alliés, rompant définitivement avec l’Allemagne.

Un nouveau coup d’État militaire survient en 1943, porté par le capitaine Villarroel, qui dissout la junte en 1944, rétablit la démocratie et devient président sous l’étiquette du RADEPA jusqu’à sa chute en 1946.

Le fusil Mauser modèle 1895 restera en service jusqu’aux années 1960, avant d’être remplacé par le M1 Garand.

Spécifications techniques

FonctionnementCulasse à verrou
Calibre7,65 mm
Munition7,65×53 mm
Cadence de tir15 coups/min
Capacité5 cartouches
Portée utile1 000 m
Masse4 kg
Longueur totale1 295 mm
Longueur du canon780 mm
Vitesse initiale750 m/s

Merci à Alves Eric pour sa contribution