En 1908, le gouvernement du président Porfirio Díaz importe discrètement un petit lot de fusils mitrailleurs Rexter, une copie pirate du Madsen danois. Produit sans licence, le Rexter ne connaît qu’une courte existence : des poursuites judiciaires mettent fin à son activité en 1911.
Mais la guerre civile qui secoue le Mexique pousse rapidement le régime à s’équiper de manière plus officielle. Peu avant la chute de Díaz, le gouvernement passe commande de 100 fusils mitrailleurs Madsen modèle 1911, chambrés en 7 mm Mauser. Ces armes sont destinées à renforcer les forces gouvernementales dans un contexte de soulèvement généralisé.
Les cadets de l’école militaire les utilisent de manière intensive lors du coup d’État de février 1913, aussi connu sous le nom de La Décena Trágica, dans le but de placer Félix Díaz, neveu de l’ancien président, à la tête du pays. Les utilisateurs du Madsen apprécient immédiatement sa légèreté et sa maniabilité, contrastant avec les lourdes mitrailleuses Hotchkiss utilisées jusque-là.
Le Madsen se distingue par un mécanisme original de court recul du canon, combiné à une culasse à verrouillage retardé par translation verticale. L’alimentation s’effectue par un chargeur inséré sur le dessus, un système vertical renforçant la fiabilité de l’alimentation grâce à l’action conjuguée du ressort et de la gravité.
Après la fin de la guerre civile, le Madsen reste en service dans l’armée mexicaine jusqu’aux années 1950, avant d’être progressivement remplacé par des modèles plus modernes comme le BAR M1918 et le Mendoza RM-2.
Spécifications techniques
| Fonctionnement | Automatique – court recul du canon |
| Calibre | 7 mm Mauser |
| Munition | 7×57 mm |
| Cadence de tir | 500 coups/min |
| Capacité | Chargeur de 40 cartouches (par le haut) |
| Portée effective | 1 500 m |
| Masse | 9,9 kg |
| Longueur totale | 1 169 mm |
| Longueur du canon | 480 mm |
| Vitesse initiale | 750 m/s |