Fusil Mosin-Nagant coréen

Après le traité de protectorat signé en 1905 avec le Japon, un mouvement contestataire apparaît en Corée, d’autant plus que ce traité a été conclu contre la volonté de l’empereur Sunjong par cinq ministres. Ces derniers sont considérés comme des traîtres par la population, bien qu’ils estiment avoir agi dans l’intérêt du pays afin de protéger la Corée de la Russie.

En 1909, l’intellectuel nationaliste coréen An Jung-geun assassine le diplomate japonais Itō Hirobumi à la gare de Harbin, en Chine, à l’aide d’un pistolet FN Herstal modèle 1900.
En réponse, le Japon décide d’annexer purement et simplement la Corée en 1910.

En 1919, le gouvernement provisoire de la République de Corée est proclamé en exil à Chongqing, en Chine. Sa branche armée est créée sous le nom d’Armée de libération coréenne, avec une trentaine de membres permanents, un effectif qui augmente rapidement, placée sous le commandement du général Chi Sŏkkyu, nom de guerre de Chi Ch’ŏngch’ŏn.

Privés de leurs anciens dépôts d’armes (notamment les fusils Berdan, Murata et Rolling Block acquis sous l’Empire de Corée), les indépendantistes s’appuient sur la diaspora coréenne présente en Chine, en Russie et en Corée. Celle-ci entre en contact avec des groupes anti-impérialistes russes, indépendantistes indigènes du fleuve Amour, anarchistes et communistes, qui leur fournissent des fusils Mosin-Nagant issus de stocks pillés ou détournés à Vladivostok, en particulier après la défaite russe face au Japon en 1904.

À la suite de plusieurs victoires remportées en Mandchourie en 1920, notamment à Fengwutung et Helong, le Kuomintang commence à prendre au sérieux cette armée coréenne. Les soldats se montrent disciplinés, ingénieux et déterminés dans leur lutte pour l’indépendance. Il s’agit principalement d’une armée de volontaires, composée d’intellectuels, d’étudiants et de nationalistes. Elle se spécialise également dans l’espionnage, le renseignement, l’assassinat ciblé et le sabotage derrière les lignes ennemies. La République de Chine intègre par la suite l’Armée de libération coréenne à la 17ᵉ armée du Kuomintang.

Malgré l’engagement important de la diaspora, les fusils Mosin-Nagant demeurent insuffisants pour équiper correctement les forces coréennes. De nombreux volontaires, notamment d’anciens soldats coréens enrôlés de force dans l’armée japonaise, rejoignent alors leurs rangs et apportent une expérience militaire précieuse.

À partir des années 1920, une autre branche armée apparaît : l’Armée unie antijaponaise du Nord-Est, de tendance communiste et indépendante. Kim Il-sung, futur dirigeant de la Corée du Nord, ainsi que ses frères Kim Chol-ju (tué au combat) et Kim Yong-ju, y servent au sein des forces communistes chinoises opérant en Mandchourie. Leur action la plus marquante reste le raid de Pochonbo en 1937. Cette branche bénéficie d’un soutien important de l’Union soviétique, notamment en fusils Mosin-Nagant.

Menacée d’anéantissement par les forces japonaises en 1941, l’armée communiste coréenne, forte d’environ 45 000 hommes, se replie en Union soviétique. Elle est intégrée à l’armée internationale soviétique et participe ensuite à l’invasion du Mandchoukou en 1945.

Au total, l’Armée de libération coréenne comptera entre 339 et 564 membres permanents et environ 18 000 volontaires, tandis que l’Armée unie antijaponaise du Nord-Est atteindra près de 45 000 combattants. Bien que ces deux mouvements soient idéologiquement opposés, ils poursuivent le même objectif, la libération de la Corée, et utilisent toutes les variantes du fusil Mosin-Nagant.

Après la libération de la Corée, le pays est divisé entre un Nord communiste et un Sud capitaliste. Les fusils Mosin-Nagant sont majoritairement dirigés vers le Nord, où ils équipent environ 200 000 soldats, en raison des affinités idéologiques et du soutien des « pays frères », bien que certains dépôts subsistent au Sud.

Les Mosin-Nagant participent à la guerre de Corée déclenchée en 1950, jusqu’au cessez-le-feu de 1953. Ils sont ensuite progressivement remplacés par les carabines semi-automatiques SKS et leur variante coréenne, la Type 63.

Le Mosin-Nagant est un fusil rustique, fiable et robuste, doté d’une culasse à verrou et d’un magasin interne de cinq cartouches.

Spécifications techniques

FonctionnementManuel
Calibre7,62 mm
Munition7,62×54 mm R
Cadence de tir15 coups/min
Capacité5 cartouches
Portée pratique750 m
Masse3,65 kg
Longueur1 234 mm
Longueur du canon729 mm
Vitesse initiale810 m/s

Merci à Alves Eric pour sa contribution