Dans les années 1870, la République orientale de l’Uruguay achète environ 2 000 fusils Rolling Block en calibre .43 espagnol afin de remplacer le parc très disparate d’armes alors en service.
À cette époque, l’Uruguay est fortement influencé par le Royaume-Uni. Stable depuis la guerre de 1828 opposant le Brésil et l’Argentine, le pays bénéficie d’un équilibre diplomatique soutenu par les Britanniques, soucieux de préserver un État tampon neutre entre les grandes puissances régionales.
Les fusils sont fabriqués à Liège, en Belgique, par Auguste Francotte sous licence du système Rolling Block de Remington.
Dans une logique d’économie et de transition, la majorité des Rolling Block Francotte est convertie au calibre 6,5×53,5 mm Daudeteau par la Société Française d’Armes Portatives en 1894, dont les ateliers sont situés à Saint-Denis. Cette munition moderne, rapide et tendue appartient alors aux calibres militaires les plus avancés de son époque. Cette opération contribuera au scandale des Mauser-Dovitiis.
Un nouveau contrat est signé en 1903 : l’Uruguay commande alors 5 000 Rolling Block modèle 1902 à Remington, cette fois chambrés en 7×57 mm Mauser, calibre alors considéré comme l’un des plus modernes et performants du moment, et surtout réglementaire dans l’armée uruguayenne. Les livraisons s’échelonnent jusqu’en 1906 et viennent compléter les fusils Mauser 1895.
Ces fusils modèle 1902 et les versions converties Daudeteau demeurent maintenus en réserve opérationnelle jusque durant la Seconde Guerre mondiale.
Le fusil Rolling Block est une arme monocoup très solide et précise, utilisant une culasse basculante dite rétrograde.
Spécifications techniques
| Fonctionnement | Culasse basculante rétrograde |
| Calibre | 7 mm / 6,5 mm |
| Munition | 7×57 mm Mauser ; 6,5×53,5R Daudeteau |
| Longueur totale | 1,350 m |
| Longueur du canon | 0,950 m |
| Poids à vide | 4,145 kg |
| Capacité | 1 coup |