En 1903, le roi Rama V de Siam a réussi à obtenir auprès de l’entreprise Mauser les plans et la licence de fabrication du fusil Mauser localement, afin d’être indépendant de ses fournisseurs extérieurs, malgré les efforts diplomatiques de l’Angleterre et de la France pour dissuader l’entreprise de le faire. En effet, ces deux puissances voyaient d’un mauvais œil la montée en puissance d’une nation régionale qui, jusqu’à présent, avait réussi à se défendre et à rester indépendante.
Très vite, le royaume de Siam se rend compte qu’il n’a pas la capacité industrielle de produire localement le fusil. Il prend alors contact avec le Japon, son allié de toujours, les deux nations ayant des besoins similaires, pour l’aider à construire le fusil. L’arsenal de Koishikawa est sélectionné pour produire initialement les fusils type 46. Par la suite, l’arsenal de Koishikawa se chargera de produire les pièces techniques et les fusils seront assemblés dans l’arsenal royal de Bangkok après que l’entreprise DWM fournisse les machines-outils.
Il en résulte un fusil hybride entre le design Mauser et des éléments du fusil Arisaka type 35. Il est faux de considérer le type 46 comme un fusil Mauser, tout comme il est faux de le considérer comme un fusil Arisaka. Le fusil était au calibre 8×50 mm R réglementaire type 45, venant soutenir les fusils type 33. 20 000 fusils type 46 seront produits.
En 1923, les fusils seront convertis pour tirer la munition type 66 de 8×52 mm R avec une pointe Spitzer, ce qui modernise les performances balistiques, donnant ainsi le fusil type 46/66.
Quand le roi Rama VII démissionne en 1935, son neveu Rama VIII, encore enfant et vivant en Suisse, prend théoriquement le pouvoir par succession. Dans les faits, c’est son Premier ministre Phibun qui gouverne le royaume de Siam, qui changera son nom en 1939 pour devenir la Thaïlande (Terre des Thaï). Phibun, insatisfait du voisinage et de l’expansion de l’Indochine française, notamment du territoire thaï perdu au Laos, déclenche une guerre en octobre 1940 contre la France. Dans un premier temps, l’armée thaïlandaise est nettement avantagée, mais les légionnaires français résistent bien plus que prévu.
Le régime de Vichy, étant un allié du Japon, demande à celui-ci de procéder à une médiation avec son allié thaï. Le Japon réussit à faire une médiation en mai 1941, lors de laquelle la France cède des provinces du Laos et du Cambodge. En échange, la Thaïlande doit laisser passer les troupes japonaises contre la Birmanie et la Malaisie anglaise.
Les fusils type 46 participent à cette campagne de 1940-1941. Le Japon, n’ayant pas reçu de réponse diplomatique, décide d’entrer par la force dans le pays. Phibun décide alors de s’allier de facto avec les Japonais. Les fusils seront opérationnels jusque dans les années 50, ils seront convertis au calibre .30-06, puis réintégrés dans la police thaïlandaise pendant un certain temps. Actuellement, le type 46 sert de fusil d’instruction et d’entraînement.
Le fusil type 46 est un fusil à verrou 4 temps, avec un magasin interne de 5 cartouches.
Spécifications techniques
| Fonctionnement | Manuel, culasse à verrou |
| Calibre | 8 mm |
| Munition | 8×50 mm R Type 45, 8×52 mm R Type 66 |
| Cadence de tir | 15 coups/min |
| Capacité | 5 cartouches |
| Portée | Utile : 2 400 m |
| Masse | 3,8 kg |
| Longueur | 1 272 mm |
| Longueur du canon | 765 mm |
| Vitesse initiale | 619 m/s (Type 45), 690 m/s (Type 66) |