Les armes de poing dans l’armée bolivienne

La Bolivie, au début du XXe siècle, va configurer son armée comme celle de l’Empire allemand, allié de la Bolivie. Les Allemands vont conseiller et modeler l’armée bolivienne.


Après l’adoption des fusils Mauser, la Bolivie a décidé de faire du Mauser C96 son arme de poing afin d’équiper les officiers de son armée. En 1912, la Bolivie va également acheter 200 exemplaires du pistolet Luger modèle 1906 en calibre 7,65 Parabellum à DWM. DWM va sous-traiter la fabrication à Simson pour le contrat bolivien.

Pistolet Luger – Crédit photo

Après la Grande Guerre, la Bolivie va importer en petites quantités des armes de surplus : des Mauser C96 en calibre 7,63 mm et des pistolets Parabellum 1908 en calibre 9 mm.

Mauser C96 – Crédit photo

La situation commençant à devenir tendue avec le Paraguay à cause de la frontière, elle va aussi décider d’acheter encore chez Mauser des pistolets modèle 1914 en calibre 7,65 mm court, son armée devenant de plus en plus importante en volume.

Lors du déclenchement des hostilités en 1932, les Boliviens vont perdre énormément de matériel. La guerre éclair prévue se transforme en une guerre de position, fortin contre fortin, et d’attrition, usant les hommes et le matériel dans l’enfer vert.

Le gouvernement bolivien va ainsi se procurer en petite quantité (moins de 500 pièces) des Walther PP en calibre 7,65 mm, et des revolvers Colt Police Positive en .32 Long.

Walther PP – Crédit photo


Les armes de poing manqueront cruellement aux soldats boliviens, la quantité étant toujours insuffisante à cause de l’embargo sur la Bolivie établi par la Société des Nations. Les officiers boliviens décidaient alors de se procurer des armes par des contrebandiers, au marché noir, à titre personnel : pistolets modèle 1927 argentins, Colt 1911 et 1906, pistolets FN Herstal 1900 et 1910 en petite quantité.

Par contre, il était plus courant de trouver des revolvers espagnols « Tanque » produits par Ojanguren y Vidosa en calibre .32 Long ou .38 Special.

Les revolvers « Tanque », copies du Colt Police Positive, vont inonder le marché noir et devenir quasi réglementaires dans l’armée bolivienne grâce à l’exportation massive du produit basque vers l’Amérique latine, dont l’entreprise a lié sa survie. Dès réception, notamment dans les ports brésiliens, les contrebandiers se chargeaient d’acheminer par les rivières amazoniennes les revolvers jusqu’en Bolivie en réalisant une plus-value au passage.
Son nom « Tanque », qui veut dire char en espagnol, est lié au logo de la marque qui figurait sur ses plaquettes : un char FT-17, signe de modernité à l’époque.

Cette situation va perdurer jusqu’en 1935, date de la fin de la guerre et de la défaite.
À partir des années quarante, l’influence allemande va s’affaiblir au profit des États-Unis d’Amérique.

L’armée bolivienne et la police vont progressivement remplacer les pistolets Mauser C96, Mauser 1914, Luger, par des pistolets FN Herstal GP-35, Walther PP et des revolvers Colt Police Positive et Smith & Wesson modèle 10 en calibre .32 Long ou .38 Special, avec des canons de 2,5″ à 4″ selon le modèle.

Colt Police Positive – Crédit photo

Le pistolet Mauser C96 a été inventé par les frères Feederle. C’est un pistolet semi-automatique à recul court du canon et verrouillage arrière par loquet. Il dispose d’un magasin interne de 10 coups.

Le pistolet Luger Parabellum a été inventé par Georg Luger, sur l’amélioration du modèle C93 de Borchardt, son mentor. Le Luger 1906 fonctionne par court recul du canon, avec un verrouillage par genouillère caractéristique. Il s’agit d’un pistolet finement conçu, fiable, et doté d’une poignée ergonomique qui favorise une bonne prise en main et un tir précis, avec un chargeur amovible de 8 coups.

Le pistolet Mauser 1914 a été inventé par Josef Nickel. C’est une arme à culasse non calée, dotée d’un système de démontage ingénieux. Fiable et bien construite, elle possédait un chargeur amovible de 8 coups.

Pistolet Mauser 1914 calibre 7,65 – Crédit photo

Le Walther PP a été créé en 1929. Celui-ci était le plus moderne et le plus révolutionnaire par sa mécanique double action et ses lignes. Culasse non calée avec un chargeur amovible de 8 coups.

Le revolver Colt Police Positive est l’évolution directe du modèle sorti en 1889, comprenant des sécurités du barillet, un barillet basculant de 6 coups, fiable et solide.

Un grand merci à Eric Alves pour sa nouvelle contribution