Pistolets Beretta Modèle 1920 (et dérivés 1920–1931)

Après la fin de la Première Guerre mondiale, la maison Beretta poursuit son développement dans le domaine des pistolets semi-automatiques, notamment après le succès du modèle 1915 en calibre 7,65 mm Browning (.32 ACP).

Forte de son expérience, la firme italienne se positionne sur un marché en pleine expansion : celui du pistolet de défense de très petite taille, chambré en calibre 6,35 mm Browning (.25 ACP), facilement dissimulable dans une poche ou un veston.

Le Beretta Modèle 1920 est une évolution compacte des modèles précédents (notamment les 1919 et 1915), reprenant leur architecture générale mais dans un format réduit, chambré en 6,35 mm. Il rencontre un réel succès commercial dans l’entre-deux-guerres, avec une production importante jusqu’au début des années 1930, culminant avec les variantes 1922 puis 1931.

À partir du modèle 1922, une sûreté arrière automatique de type « pédale » (grip safety) est ajoutée, améliorant la sécurité lors du port.

Ces modèles en 6,35 mm n’ont pas été adoptés officiellement comme arme réglementaire par l’armée italienne, qui privilégiait des calibres plus puissants. En revanche, il était courant que des officiers ou personnels civils en acquièrent un à titre privé.

Le calibre 6,35 mm Browning (.25 ACP), conçu par John Moses Browning en 1905, a été spécifiquement développé pour les pistolets ultra-compacts à simple recul.

Contrairement à une idée répandue, il ne s’agissait pas simplement d’un calibre « réduit », mais d’une munition pensée pour garantir une efficacité minimale jugée acceptable par Browning pour une arme de défense de poche.

Son objectif était d’obtenir :

  • une fiabilité mécanique maximale dans des armes de très petit gabarit ;
  • une percussion centrale (plus fiable que les petits calibres à percussion annulaire) ;
  • une énergie suffisante pour assurer une capacité de pénétration minimale à courte distance.

Le 6,35 mm ne rivalise évidemment pas avec les calibres militaires, mais il représentait à l’époque un compromis moderne entre compacité, sécurité mécanique et pouvoir vulnérant minimal.

La lignée des Beretta en calibre 6,35 mm entre dans la culture populaire lorsque le personnage de James Bond adopte un Beretta 418 dans les premiers romans de Ian Fleming.

Ce modèle, évolution directe des Beretta 1919/1920, correspond parfaitement à l’image d’un pistolet discret et élégant, adapté au port dissimulé sous un smoking sans en altérer la ligne.

Dans Dr. No, Bond sera contraint d’abandonner son Beretta 418 sur recommandation du major Boothroyd, qui lui substitue le Walther PPK, jugé plus fiable et plus puissant.

Spécifications techniques

FonctionnementPistolet semi-automatique
SystèmeÀ simple recul (culasse non calée)
Calibre6,35 mm Browning (.25 ACP)
CapacitéChargeur de 8 cartouches
Portée pratiqueEnviron 15 à 25 mètres
Longueur totaleEnviron 115–120 mm selon version
Longueur du canonEnviron 60 mm
PoidsEnviron 300 à 320 g selon variante

Merci à Alves Eric pour sa contribution