Aux heures sombres du régime nazi, Hitler donne l’ordre de créer la Volkssturm afin d’assurer la survie d’un régime agonisant, en septembre 1944.
La levée de ces soldats de fortune s’effectue parmi les hommes âgés de 16 à 60 ans. Les jeunes volontaires de 15 ans ainsi que les femmes issues de la Jeunesse hitlérienne sont également admis.
Ils sont instruits par des sous-officiers blessés en convalescence ou infirmes, ainsi que par d’anciens combattants de la Première Guerre mondiale ou des membres des corps francs de l’après-guerre.
Un brassard portant l’inscription « Volkssturm Wehrmacht » est obligatoire, porté par-dessus leurs vêtements civils, afin que ces soldats puissent bénéficier des accords de Genève et ne soient pas fusillés comme francs-tireurs par l’ennemi lors de leur capture.
Pour armer rapidement cette armée, Hitler lance le programme « Notwaffen », destiné à produire des armes industrialisées au maximum, simplifiées pour une production de masse à très bas coût.
La société Gustloff va répondre favorablement à la demande du Gauleiter Fritz Sauckel, en présentant une carabine semi-automatique à ouverture retardée, fonctionnant par captage des gaz à un point du canon.
L’idée, très ingénieuse, a été inventée par Karl Barnitzke, ingénieur chez Gustloff Werke, lors de la conception d’un pistolet « Volkspistole », finalement abandonné au profit de Mauser et Walther.
Lors du tir, et avant que la balle ne quitte le canon, une partie des gaz est captée par un évent situé aux trois quarts du canon. Ces gaz sont piégés dans la chambre de la culasse tubulaire ; la pression étant forte, elle immobilise la culasse de part et d’autre.
Quand la balle quitte le canon, la pression chute. Les gaz qui étaient dans la chambre peuvent alors s’échapper, et le résidu de gaz contenu dans la cartouche permet de faire reculer la culasse tubulaire.
L’arme utilise massivement la tôle emboutie et le rivetage, et est équipée d’une crosse en bois.
Comme il s’agit d’une arme conçue dans l’urgence, la culasse tubulaire est mobile sur toute sa longueur et se déplace autour du canon.
Le ressort récupérateur, placé autour du canon, ramène la culasse vers l’avant, permettant de reprendre le cycle jusqu’à ce que le chargeur soit vide.
Pour éviter tout incident de tir lié au déplacement de la culasse, un garde-main en bois a été installé.
L’arme est alimentée par des chargeurs de StG44, ce qui est un détail très important : si Gustloff a pu produire cette carabine, c’est grâce à la cartouche 7,92×33 mm, qui génère 40 % de pression en moins que la 7,92×57 mm réglementaire.
La 7,92×33 mm, aussi appelée 7,92 mm Kurz (courte), est mise au point en 1941 à la suite de travaux réalisés après la Première Guerre mondiale, et des constatations faites durant les guerres de tranchées, où le front se trouvait souvent à moins de 100 mètres.
Les Allemands conçoivent alors une munition redoutable jusqu’à 300 mètres, distance qui couvre 90 % des engagements pratiques, et correspond à ce que l’œil humain peut distinguer distinctement.
Elle perd en allonge par rapport à la 7,92×57, mais elle est plus maniable, confortable et moins fatigante à tirer pour le soldat.
Elle se révèle aussi plus polyvalente que la 9 mm Parabellum utilisée dans les pistolets mitrailleurs, qui, à quelques rares exceptions près comme la MAB 38 italienne, ne dépassait guère les 150 mètres de portée efficace.
Industriellement, la munition demandait moins de ressources à produire.
À terme, la 7,92 Kurz devait remplacer le Mauser 98k, le Walther G43, et le MP40.
Les carabines Gustloff prendront officiellement le nom de MP507, et environ 10 000 unités seront produites jusqu’à la fin de la guerre, en un laps de temps très court.
L’appellation VG 1-5 (Volkssturmgewehr 1-5, nom donné après-guerre par les Américains) est erronée, même si elle reste d’usage courant officieusement.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’arme fonctionnait de manière satisfaisante malgré ses finitions sommaires. Si le régime nazi ne s’était pas effondré, et si les Allemands avaient eu le temps de produire davantage de MP507 et de munitions 7,92 Kurz (déjà en pénurie à cause du StG44), cette arme aurait pu ralentir l’inévitable de quelques jours ou mois.
L’invention du MP507 représente pour les Allemands ce que fut le fusil mitrailleur Chauchat 1915 pour les Français, ou la Sten pour les Britanniques : une arme ingénieuse née de la nécessité de l’urgence.
Caractéristiques techniques
| Fonctionnement | Semi-automatique, culasse retardée par piégeage des gaz |
| Calibre | 7,92 mm |
| Munition | 7,92×33 mm Kurz |
| Cadence de tir | 500 coups/min (théorique) |
| Capacité | 30 cartouches |
| Portée pratique | 300 m |
| Masse | 4,6 kg |
| Longueur totale | 885 mm |
| Longueur du canon | 378 mm |
| Vitesse initiale | 650 m/s |