La firme Webley & Scott n’avait plus à faire ses preuves, grâce à ses revolvers de qualité qui avaient rencontré un succès tant sur le plan militaire que civil. Cependant, avec l’avènement de l’automatisme initié par Brochardt, Browning et Mannlicher, la société ne pouvait se permettre de rester en retrait. En 1901, elle tenta l’aventure avec le revolver automatique Webley-Fosbery, mais malgré l’exploit technique, les ventes furent en deçà des attentes. La décision fut alors prise de concevoir un pistolet automatique afin de rester dans la course. En 1908, la firme acquit les brevets de William Whiting, ingénieur chez Webley, et s’associa à la société américaine Harrington & Richardson pour partager la production et les coûts à une échelle industrielle. Trois versions furent ainsi produites : une en calibre .25 ACP (6.35 mm) choisie uniquement par Harrington & Richardson, une en calibre .32 ACP (7.65 court) choisie par les deux firmes, et enfin une dernière en .455 (11.7 mm) choisie uniquement par Webley. Les différences entre un Harrington & Richardson et un Webley sont principalement esthétiques : le Harrington & Richardson possède une fenêtre d’éjection plus large et la coupure de la culasse laisse apparaître le canon.

En 1910, la firme Webley & Scott présenta donc deux pistolets : l’un en calibre 7.65 court avec une culasse non calée, de taille moyenne pour les pistolets de cette catégorie en 32 ACP, et l’autre en calibre .455 avec une culasse calée par court recul de canon. Au niveau du tonnerre, celle-ci descend comme un bloc tombant de quelques millimètres, libérant ainsi la culasse. Ce modèle présente une schématique similaire à celle du Browning Colt 1911, mais avec une approche différente. Webley avait tiré les enseignements de l’échec du pistolet Halifax Mars et avait pris en compte toutes les critiques formulées à son encontre. Ainsi, le Webley .455 est plus imposant que la version .32, mais bien moins que le Halifax Mars. La munition .455 Webley automatique offrait une puissance presque équivalente à celle du .45 ACP, et après un entraînement adéquat, l’arme était parfaitement maîtrisable, contrairement aux munitions surpuissantes du Halifax Mars.

Le Webley Self Loading Pistol en calibre .32 ACP fut officiellement adopté en 1911 par la police londonienne, tandis que le modèle en .455 fut adopté en 1912 par la Royal Navy, la Royal Horse Artillery et le Royal Flying Corps après des essais concluants. Ces armes furent largement utilisées durant la Première Guerre mondiale, notamment par les pilotes anglais lors des duels aériens. Entre les deux guerres, l’Angleterre estima que le calibre .455, que ce soit dans les revolvers ou les pistolets, entraînait la conception d’armes trop imposantes. Cependant, elle jugea que la version en 7.65 court était insuffisante pour un usage militaire, et par esprit de conservatisme, elle orienta ses recherches vers le calibre .38, condamnant ainsi la version .455 du Self Loading Pistol qui cessa d’être produite en 1932.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, les pistolets Webley restèrent à l’arrière du front afin de ne pas surcharger la chaîne logistique, bien que certains officiers en portaient de manière officieuse. La version .455 fut officiellement remplacée en 1942 par le GP 35, tandis que la version en 7.65 court continua sa carrière jusqu’aux années 60.

 

Webley self-loading pistol

 

Spécifications techniques

Fonctionnement Simple action, culasse non calée pour la version 7.65, culasse calée pour la version .455
Calibre 7.65 mm
Munition 7.65x17mm (32 ACP) / 11.5×23 Webley
Cadence de tir 50 coups/min
Capacité 7 cartouches
Portée 50 m
Masse 1.13 kg (version .455) / 0.578 kg (version .32)
Longueur 216 mm (.455) / 165 mm (.32)
Longueur du canon 127 mm (.455) / 89 mm (.32)
Vitesse initiale 260 m/s

 

Merci à Alves Eric pour sa contribution