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La bataille de la Mer de Corail

Océan Pacifique

La préparation de la bataille

La bataille de la Mer de Corail se déroula dans les eaux du sud-ouest des îles Salomon et de l'est de la Nouvelle-Guinée. Ce fut la première de six batailles du Pacifique opposant deux flottes de porte-avions. Celle-ci coûta cher, ce qui eut des conséquences importantes dans les deux camps un mois plus tard à Midway. Les Japonais avaient pour objectif la prise de Port Moresby, situé sur la côte sud-est de la Nouvelle-Guinée. Une base japonaise à son emplacement aurait représenté un grave danger pour l'Australie, rendant son invasion envisageable, et le risque de voir les Japonais étendre leur empire dans le Pacifique Sud, et par conséquent renforcer leurs défenses.

Carte des opérations dans la Mer de Corail

Carte des opérations dans la Mer de Corail

Les Japonais engagèrent deux forces d'invasion maritimes, une petite qui aurait pour objectif Tulagi, dans la partie Sud des îles Salomon, et une plus grosse qui devrait prendre Port Moresby. Celles-ci bénéficieraient d'un support aérien provenant de bases situées plus au nord et d'un support naval composé de deux groupes regroupant un porte-avions léger, quelques croiseurs et des petits navires transformés en vaisseaux de combat.

Le Shoho touché par une torpille

Le Shoho touché par une torpille

Plus en retrait se trouvaient deux porte-avions lourds, le Shokaku et le Zuikaku, avec leur escorte composée de croiseurs et de destroyers. L'US Navy, au courant des plans ennemis grâce à ses services d'espionnage, et notamment grâce au système de décodage Magic, envoya une force navale composée de deux de ses porte-avions (le Lexington, basé à Pearl Harbor, et le Yorktown), de croiseurs (dont deux de l'Australian Navy), de destroyers, de sous-marins et d'un support aérien constitué de bombardiers arrivant de bases voisines ainsi que d'hydravions. Les forces alliées étaient sous le commandement de l'amiral américain Frank Jack Fletcher.

Attaque de bombardiers en piqué sur le Shokaku

Attaque de bombardiers en piqué sur le Shokaku

Le début des hostilités

Le 3 mai 1942, une petite force japonaise débarqua à Tulagi, au nord de la Mer de Corail, ou fut rapidement établie une base aérienne pour hydravions afin de pouvoir effectuer des missions de reconnaissance à plus longue distance dans les eaux alliées. Laissant le Lexington derrière, l'amiral Fletcher partit avec le Yorktown pour attaquer les Japonais. Au matin du 4 mai, ses avions attaquèrent la force d'invasion japonaise. Malgré le peu de dégâts occasionnés par cette attaque, le destroyer Kikuzuki fut mortellement touché ainsi que quelques autres navires et hydravions. Fletcher se retourna alors vers le sud, rejoignant ainsi le contre-amiral Aubrey W. Fitch le 5 mai pour refaire le plein de ses réservoirs de carburant. Les Japonais avançaient maintenant dans la Mer de Corail avec la force d'invasion de Port Moresby et sa couverture aérienne.

Le Lexington vu depuis le pont du Yorktown

Le Lexington vu depuis le pont du Yorktown

Les Américains et les Japonais envoyèrent tous deux leurs porte-avions en direction de l'ouest, sans savoir à quel point ils étaient près les uns des autres. À un moment donné, seuls 70 miles les séparaient !

L'affrontement entre porte-avions

Le premier jour de la bataille de la Mer de Corail fut le 7 mai 1942, alors que les Américains cherchaient les porte-avions japonais, dont ils savaient la présence, et lorsque les Japonais cherchaient, eux, les porte-avions américains, qu'ils craignaient. L'amiral Fletcher, ainsi que le vice-amiral japonais Takeo Takagi et le contre-amiral Tadaichi Hara, avaient pour but d'attaquer les premiers. Cependant, en raison d'un mauvais travail de reconnaissance, les deux camps envoyèrent le gros de leurs forces attaquer des objectifs secondaire très mal défendus. Ils furent coulés, mais le gros des forces navales n'avait toujours pas vu un seul avion ennemi...

Le Lexington sous les bombes japonaises

Le Lexington sous les bombes japonaises

Des avions-patrouilleurs japonais repérèrent le pétrolier Neosho ainsi que son escorteur, le destroyer Sims avant 8h00, au sud des porte-avions de l'amiral Fletcher. Il furent rapportés au commandement nippon comme étant un porte-avions et un croiseur. Ces deux navires reçurent donc deux attaques aériennes à haute altitude ce matin-là qui échouèrent complètement (ce qui allait devenir une habitude lors de ce type d'opération). En revanche, vers midi, une grande force de bombardiers en piqué fonça vers les navires américains, et celle-ci ne manqua pas son coup. Le Sims fut coulé et beaucoup de ses marins furent tués, le Neosho fut transformé en épave flottante et les survivants durent attendre des jours avant d'êtres sauvés.

Les dégâts sur le pont du Lexington

Les dégâts sur le pont du Lexington

Pendant ce temps-là, un avion-patrouille du Yorktown repéra le porte-avion léger Shoho et quatre croiseurs lourds, mais ils furent rapportés en tant que deux porte-avions et quatre croiseurs lourds. Le Yorktown et le Lexington envoyèrent donc une énorme force d'attaque composée de 53 bombardiers en piqué, 22 avions-torpilleurs et 18 chasseurs pour anéantir ces navires. Ils arrivèrent sur les navires ennemis vers midi, ceux-ci étaient complètement dépassés et le Shoho reçut tellement de bombes et de torpilles qu'il coula en quelques minutes. Pour ajouter à la confusion qui régnait chez les Japonais, certains de leurs avions-torpilleurs et bombardiers se heurtèrent à des croiseurs américains et australiens, loin à l'ouest des porte-avions américains.

Le Lexington en train de brûler

Le Lexington en train de brûler

Mais les Japonais ne réussirent même pas à les endommager gravement. En voyant cela, ils ordonnèrent à leurs troupes attaquant Port Moresby de stopper leur progression et d'attendre les ordres. Plus tard dans la journée, ils envoyèrent une trentaine appareils à la recherche des porte-avions de l'amiral Fletcher. La plupart furent abattus ou s'écrasèrent lors de leur tentative d'atterrissage de nuit. Les flottes américaines et japonaises se préparèrent alors à reprendre les combats le lendemain matin.

Les aviateurs japonais frappèrent les porte-avions de la Navy peu après 11h00 : ils parvinrent à envoyer deux torpilles sur le Lexington et larguèrent des bombes sur lui et son homologue. Pendant environ une heure, le Lexington sembla tenir le coup, mais la situation se détériora lorsque le feu se propagea à bord du navire. Son équipage dut l'abandonner plus tard dans la journée. le Yorktown avait également été durement touché par une bombe, mais était toujours opérationnel.

Une explosion fait s'envoler un avion du pont du Lexington

Une explosion fait s'envoler un avion du pont du Lexington

Vers la fin de la journée, les deux camps s'étaient retirés du théâtre des opérations, même si le Zuikaku y revint pour quelques jours (malgré le fait qu'il ne lui restait presque plus d'avions). Les Japonais retirèrent également leurs forces de Port Moresby. Le porte-avions nippon précédemment évoqué s'en alla finalement le 11 mai. Au même moment, le Yorktown fut rappelé à Pearl Harbor. Après de brèves réparations, il jouera un rôle vital dans la bataille de Midway.

Le bilan

Au niveau tactique, on peut dire qu'il s'agit là d'une victoire japonaise : en effet, les Américains y perdirent 543 hommes et 66 avions. Le Lexington fut coulé ainsi qu'un grand destroyer (le Sims) et le pétrolier Neosho. Le Yorktown fut, quant à lui fut, durement touché.

Les membres d'équipage abandonnant le Lexington

Les membres d'équipage abandonnant le Lexington

Les Japonais dénombrèrent 900 tués, 80 avions abattus, un porte-avions léger coulé (le Shoho) ainsi qu'un torpilleur et quatre chalands transporteurs de troupes. Le porte-avions Shokaku fut lui aussi sévèrement touché. Au niveau stratégique, cependant, il s'agit d'une victoire américaine car c'est là le premier coup d'arrêt porté à l'offensive japonaise, et par conséquent celui qui marqua la fin de leur avancée éclair dans le Pacifique Sud.